« Dans la littérature, une certaine unité arabe continue de vivre » – JeuneAfrique.com

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Un nouveau roman de l’auteur marocain a été traduit de l’arabe vers le français. Une fois de plus, avec un style affiné, Mohamed Berrada plonge dans la mémoire marocaine. Dans cet entretien, il revient sur Jean Genet, Tahar Ben Jelloun, ses multiples voyages et la littérature contemporaine de langue arabe.


Un col mao, un épais roman de l’Américain Paul Auster coincé sous le bras, Mohamed Berrada, reçoit Jeune Afrique dans les bureaux de son éditeur français, Actes Sud, à Paris. Aujourd’hui, cet emblème de la littérature contemporaine marocaine, né en 1938, réside entre le sud de la France et Rabat, la ville qui l’a vu grandir.

L’époux de la diplomate palestinienne Leïla Shahid est un homme souriant, d’une grande culture, et discret. Il ne parle que peu de ses engagements, à gauche. Le rare sujet sur lequel il se montre insistant ? Que tous ses livres soient bien publiés, quelle que soit la langue, à bas coût, sous une couverture marocaine.


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Un de ses romans, Le Jeu de l’oubli, a été inscrit au programme de l’enseignement secondaire au Maroc. Berrada est en passe de devenir « un classique ». S’il place très haut la littérature, c’est qu’il ne la considère pas comme une activité séparée. Moderne dans le style, il l’est aussi par son approche : dans ses livres, les affects, la culture, la politique, l’histoire… tout est lié.

Jeune Afrique : Votre dernier roman paru en français, Loin du vacarme, est largement centré autour de la question de la mémoire. Pourquoi ce choix ?

Mohamed Berrada : La mémoire et l’histoire restent des enjeux vivaces depuis le divorce entre d’un côté le mouvement national, et de l’autre, le Palais, dans la foulée de l’indépendance. La concurrence entre les deux, qui partageaient avant 1956 un même imaginaire « nationalitaire », pour reprendre les mots du linguiste et historien français marxiste Maxime Rodinson, est un fait important de l’histoire et se remarque dans son écriture, toujours sujette à polémiques.





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JeuneAfrique

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