[Culture & Loisirs] Faites sonner les grelots du Leu Tempo nouveau !

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Après «l’ananas-nemo» célébrant joyeusement l’an dernier les 20 ans du Leu Tempo, pour cette nouvelle histoire puisée à la source du Séchoir, c’est le « pitay-ours » qui prend le relais de la communication bigarrée « animale et fruitée » sous les crayons pleins de ressources de Noémie Brion. Une accroche visuelle qui fera ribambelle dans les prunelles comme dans le décor culturel avant le jour J, autrement dit le16 mai. 

Pas de soirée inaugurale cette année mais trois jours pour une plongée idéale du matin au soir, vendredi samedi et dimanche compris, dans le vif du sujet, avec la totale du programme festivalier cirque, danse, exploits urbains, ateliers, clowneries, expo, tremplin amateurs et concerts de nuit, comme à l’accoutumée, sans oublier l’embellie à la fin avec la «Fèt dann somin». Avec chaque jour des propositions qui font envie en excellentes cies. Venues d’ailleurs, comme  La Contrebande, Sans Gravité, Libertivore, La Dépliante, et Troubouch. Ou d’ici, comme Cirquons Flex, Morphose, Soul City, Schtrockben et autre comédien, très urbain de tout temps, comme Nicolas Givran.

 Qualificatifs estampillant  cet événement festif ? « Généreux, vivant, mélangé, ouvert, culotté et exigeant », énonce, guilleret, Jean Cabaret qui porte depuis des années la réalisation de ce projet avec l’enthousiasme et l’énergie qu’on lui connait. «Avec des spectacles à Stella,  en centre ville avec scènes gratuites au Parc du 20 décembre toute la journée ( le village qui  s’y truve nicché n’est pas seulement dédié aux bars et aux concerts en soirée), un chapiteau à la Ravine, de la danse au boulodrome, des spectacles au K  et dans les cours d’école, une scène « Amateranler »…  

Défis, magie et cies…

Bref, un programme toujours dans l’esprit de ce festival qui évolue, notamment au rayon « circus » dont la diversité s’est encore étoffée avec une spécialité estampillée « magie nouvelle » (exemple « Déluge » de la Cie Sans Gravité). Aux côtés  de son bras droit, Stéphanie Bulteau renchérit sur le label du partage, de la convivialité et de la diversité avec maintien du spectacle de rue, peu lucratif pour les organisateurs, mais des plus attractifs par sa gratuité pour le spectateur. « Si la dernière édition pour les 20 ans du festival a été une grosse célébration avec des invités d’exception, elle nous a permis de réaliser, malgré la forte fréquentation (traduisant la fidélité de notre public) combien cet événement est fragilisé par les  budgets partout revus à la baisse dans notre métier. Nous ne perdons pas de vue nos objectifs mais il nous faut rester à la limite de nos possibilités et de nos envies. Sans lésiner sur la qualité ». Exercice acrobatique, lui aussi, donc, on l’a bien compris. Et la directrice du Séchoir d’ajouter que si la confiance du public figure le plus gros atout du Leu Tempo, elle rend d’autant plus risquée sinon périlleuse  la gestion du projet . « Pour garder cette confiance nous nous efforçons constamment de convier des spectacles très exigeants. Seulement, contrairement au monde de la musique  ils sont souvent inconnus du grand public qui doit venir quasiment les yeux fermés. Mais avec le temps, et c’est la force de cet événement où nous avons réussi à mobiliser des milliers de gens, ils adhèrent d’emblée à nos choix pourvus qu’ils soient  à la hauteur de leurs attentes ».

Attention fragile !

Impératif de l’organisation? « La réactivité dont il convient de faire preuve jusqu’à la dernière minute. Quand un artiste subit un grave problème de santé et ne peut assurer sa prestation comme convenu, il faut le remplacer et donc avoir toujours quelques dossiers sous le coude au cas où… » explique la responsable du Séchoir qui a dû s’exécuter ces jours derniers avec une défection en urgence. « Nous avons eu fort heureusement une réponse favorable de la part de la Cie Contrebande qui va débarquer en renfort avec son spectacle « Bal Trap » dont nous connaissions déjà les qualités.Un bel exemple de dynamisme de la part d’un collectif de jeunes circassiens qui gagnent vraiment à être connus, soit dit en passant », confirme Stéphanie Bulteau en précisant « On est tous sur le pont, et nous  nous efforçons  de produire des choses dont nous pouvons être fiers. C’est ce qui compte pour l’équipe, pour le public et pour la ville qui nous accueille ».

 A propos de ville, quid du Pôle Cirque ? « Le projet reste en stand by  en attendant que la question de l’équipement du dit-Pôle soit réglée. Nous n’avons certes pas renoncer à aboutir cette année mais avec la période électorale en vue, nous risquons de perdre encore une année.. ».

 Wait and see. Pour l’heure, le rush sur la billetterie est annoncé !

 

Marine Dusigne

 

Leu Tempo les 16,17 et 18 mai à Saint-Leu.


 

 

Au menu

 

Performances à tout prix …

 

– Déluge, de la Cie Sans Gravité, jonglage et magie nouvelle  avec Rémi Lasvènes  qui cultive le burlesque de situation et propose un moment drôle, surprenant, poétique et familial en même temps.  A Stella.  A voir dès 6 ans.

– « Bal Trap » de la Cie Contrebande, spectacle de cirque dit « risqué » avec six acrobates sur un terrain de jeu qui décident de jouer avec tout ce qu’ils trouvent. Au Kiosk du Village. A voir dès 6 ans

« Appuie-toi sur moi » de la Cie Cirquons Flex, création de l’année de Virginie Le Flaouter et Vincent Maillot que l’on retrouve avec plaisir en duo. Cirque acrobatique dit « intime ». La Ravine.

« Starsky Minute » de la Cie La Dépliante, clown, burlesque, « une comédie foldingue pour livreurs acrobates et objets récalcitrants ».

 Mesyé Dijoux »,  de Sully Andoche avec Nicolas Givran, une joyeuse fable politique infusée dans la Réunion des années 60. Dans la Kour Lékol

 

 Et aussi for free !

 

« Phasmes »de la Cie Libertivore, spectacle pour deux acrobates danseurs empruntant à l’animal, au minéral comme au végétal,  pour faire vivre une chimère qui va muter, se déployer, interagir avec son environnement.  Une pièce qui puise dans le langage acrobatique pour sonder la place de l’homme dans un biotope (sur)naturel. « Très virtuose » selon Stéphanie Bulteau. Au Village et Place de la Mairie. Gratuit.

– La révolte des papillons, de la Cie Morphose,  danse contemporaine, travail autour du corps en mouvement , propose une allégorie du départ, de la survie en s’inspirant de la migration des papillons monarques en milieu urbain. Au Boulodrome. Gratuit.

« Les Frères Troubouch » de Belgique. cirque et théatre de rue, burlesque, déjanté et rock and roll.  A la Poste. Gratuit

« Le naufragé de la lune » de la Cie Schtrokben, fable sociale, ironique pour une performance résolument de rue. Résidence Ariane.Gratuit

 -« Même pas mal » de Soul City, performance hip hop coup de poing pour célébrer l’esprit de collectif. A la Poste Gratuit.

 –« Mounawii » du musicien comorien Mounawar qui joue ici les magiciens, faisant de la musique de rue  en multipliant les voix  pour créer un univers foisonnant de sons. Au Village. Gratuit.

 


Création pays

 Depuis toutes ces années c’est Leu Tempo qui les maintient tous aux fourneaux, les équipiers du Séchoir et leurs nombreux partenaires, associatifs ou simplement solidaires comme le Kabardock qui leur donne cette foix  le concert d’un fameux rocker malgache, Damily qu’ils avaient convié au Port le 17 mai. « Pour ne pas faire d’ombre au Leu Tempo,  ce concert nous est offert sur le plateau du Village festivalier, au Parc du 20 décembre où tout est gratuit ». Good idea ! Reste, côté fidélité, celle que le Séchoir voue aux artistes réunionnais,  dont elle accompagne et soutient l’évolution en création. A commencer par Cirquons Flex, l’un des atouts du Leu Tempo qui va révolutionner son monde à La Ravine avec, chaque jour, une représentation de « Appuie -toi sur moi » réunissant, comme à leurs débuts, Virginie et Vincent dans cette version nouvelle de leur « cirque intime « . 

Côté chorégraphie, Soraya Thomas et sa Cie Morphose vont relever cette année encore un nouveau défi hors les murs avec « La révolte des papillons » et un envol de jeunes talents en mouvements. De son côté Soul City jouera la carte surprise du festival en réunissant trois générations de breakers et autre spécialistes de la danse urbaine  pour un shot d’adrénaline chorégraphique de 15 minutes chrono « Même pas mal ». A voir ! Tout comme les pérégrinations de « Mésyé Dijoux » de Sully Andoche, servi comme il se doit par Nicolas Givran, partant pour donner un nouveau sang à ce personnage populaire d’une Réunion lontan. Niko Garo proposera  pour sa part au nom de la Schtrockben Cie « Le naufragé de la lune » dans  la cour de la résidence Ariane. Et pour rester sur le champ de la création pays c’est le plasticien Clément Striano qui jouera cette année les maîtres d’art auprès des jeunes classes. Avec lui elles vont plancher à L’Arrosoir sur le corps animé, sous le regard des familles invitées à… « participer ». Le maître-mot de ce concept festivalier dont nul ne doit se priver, ne serait ce que le temps d’une journée, pour débrancher ordi, tv, i tutti quanti et respirer le bon air marin et circassien saint-leusien.

 

M.D.

 

 

 

 Concerts !

 Avant d’aller plus loin, deux-trois mots sur Damily, ovni malgache du rock et d’un tsapiky de folie dont il est là-bas le roi, du côté de Tuléar, mais aussi dans le vaste monde où le conduit sa  surréaliste guitare. Le cadeau du Kabardock au Leu Tempo, à réserver dès maintenant sur vos tablettes pour le 17 mai à 22h30. Aparksa ? Il y aura aussi  le funk rock rap de Maskiom, et les Frères Parish, le même soir, 16 mai. Le lendemain 17, avant Damily on aura On the Dog au rayon rock electro. Quant au samedi 18 se succèderont  Community sound system , Queen Favie et Ségadelik.  Sachant que le dimanche 18 mai ce sera « La Fèt dann Somin » avec les  Aérosculpteurs  « Les Mouettes » de métropole et aussi les «Spherographia» et «Volcaligraphia» de Cirké Craké plus un « Bangui Artifices »  pays. On reparlera  de toute l’histoire… Promis !

 



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clicanoo

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