à Bruxelles avec Judith Sargentini, ou l’Europe à grande vitesse

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La députée européenne Judith Sargentini quitte le parlement européen pour se rendre à un déjeuner sur L'Organisation de coopération et de développement économiques à Bruxelles, Belgique, le 2 Avril 2019.

LUCAS BARIOULET POUR « LE MONDE »

Par Allan Kaval

« Le Monde » a pu suivre la députée verte néerlandaise, célèbre pour sa défense de l’Etat de droit, qui termine son mandat entre frénésie des dernières semaines parlementaires et inquiétudes sur le devenir de l’Union.

Les semaines bruxelloises de l’eurodéputée écologiste néerlandaise Judith Sargentini commencent toujours à grande vitesse, dans un Thalys lancé depuis Amsterdam à travers les étendues sans frontière de la plaine de Flandre. « J’y lis le journal, je regarde par la fenêtre… C’est un peu mon seul moment de répit avant la tempête », confie-t-elle. Car dès qu’elle pose le pied sur le quai de la gare de Bruxelles-Midi, comme en ce lundi 1er avril en fin de matinée, Mme Sargentini débute un marathon qui durera jusqu’au jeudi soir suivant. Un quotidien fait de luttes d’influences entre institutions européennes, de rapports de force et de négociations serrées en commission, rythmé par des marches rapides à travers le labyrinthe de moquettes bleues, tirant sur le gris, du Parlement.

En signant en 2018 un rapport accablant sur les violations de l’Etat de droit dans la Hongrie de Viktor Orban, Judith Sargentini, alors peu connue dans son pays d’origine, a acquis une notoriété qui s’étend désormais au-delà des façades vitrées du quartier européen de Bruxelles. Le premier ministre populiste et autoritaire au pouvoir à Budapest a fait de l’eurodéputée de 45 ans l’une de ses bêtes noires. Mais après dix années au Parlement, consacrées pour l’essentiel à la défense de l’Etat de droit et aux questions migratoires, cette figure des Verts européens, qui laisse à ses collègues les questions environnementales, ne briguera pas de nouveau mandat. « Je n’aurais aucun problème à me faire réélire, ma lutte contre Orban m’a fait connaître, estime-t-elle. Mais j’ai envie de passer à autre chose, il faut laisser la place à des esprits frais, à des regards nouveaux ! »

La députée européenne Judith Sargentini dans le métro sur son chemin pour le Parlement Européen, le 1er avril.
La députée européenne Judith Sargentini dans le métro sur son chemin pour le Parlement Européen, le 1er avril. LUCAS BARIOULET POUR « LE MONDE »

Rapports de force entre Etats-membres et Parlement

Pas question toutefois pour Mme Sargentini de ralentir le rythme à l’approche de la fin de son mandat, et à quelques semaines des élections européennes. Après une courte traversée de Bruxelles en métro – « pour éviter les bouchons et parce que c’est quand même plus écologique que les voitures de fonction ! » – et un bref repas avec ses collaborateurs à la cantine du Parlement, l’eurodéputée, toujours habillée de vert dans l’exercice de ses fonctions, élabore avec assistantes et conseillères le plan de bataille des jours à venir. Au mur de son bureau, la « une » encadrée du quotidien social-démocrate néerlandais De Volkskrant du 12 septembre 2018, souvenir d’une victoire qui commence tout juste à jaunir. Elle y apparaît en photo dans l’hémicycle, émue au milieu de ses collègues. Son rapport sur la Hongrie, ouvrant la voie à des sanctions, vient alors d’être voté.



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