Un Français dans les rangs kurdes

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Le journal de guerre d’un jeune Français, militant internationaliste, qui a combattu l’Etat islamique aux côtés des Kurdes de Syrie et raconte l’âpreté des combats.

Par Elise Vincent Publié aujourd’hui à 14h51

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Le livre. Dans le flot des livres consacrés ces dernières années à la guerre en Syrie et à la lutte contre l’organisation Etat islamique (AI), celui d’André Hebert, Jusqu’à Raqqa, publié aux Belles Lettres, devrait à coup sûr sortir du lot à long terme. L’ouvrage est le témoignage inédit d’un ex-combattant. Mais un type de soldat relativement méconnu du grand public, puisqu’il s’agit d’un des rares Français s’étant rendu sur zone pour prendre les armes et rallier les rangs des forces Kurdes face aux djihadistes.

André Hebert est un pseudonyme. Derrière il y a un jeune homme de 27 ans, aujourd’hui de retour en France, qui travaille, et a décidé de faire part de son expérience, comme un « prolongement de la lutte » qu’il a menée sur le terrain. Le Monde a pu le rencontrer. André Hébert est toutefois un méfiant, et afin d’éviter tout moyen de remonter jusqu’à lui dans sa nouvelle vie, il ne dévie que rarement des éléments biographiques égrenés au fil de ses 256 pages d’écriture : un récit appliqué, structuré, et étonnement limpide de son expérience au milieu de la poussière et des morts.

Tout juste apprendra-t-on, donc, qu’il est issu d’un milieu « bourgeois », selon ses termes. Qu’avant de partir en Syrie, il était déjà depuis un certain temps militant à la gauche de la gauche, soit, comme il l’écrit dans son livre, « marxiste », « révolutionnaire » et « internationaliste ». « Je n’ai aucun désir d’être objectif », prévient-il d’emblée dans le livre pour justifier son ralliement à la cause kurde. Toutefois, « j’ai toujours été militant non encarté, attaché à mon esprit critique (…) je ne tiens pas non plus à écrire un ouvrage de propagande. »

Des conditions dures, éprouvantes

André Hébert a ainsi fait deux séjours sur zone : le premier entre juillet 2015 et avril 2016, le second de juin à décembre 2017. A chaque fois, il s’est retrouvé les armes à la main dans des petites unités, au plus près des djihadistes de l’EI. Les conditions étaient dures, éprouvantes, infâmes même parfois, avec un équipement rudimentaire : il ne le cache pas. Il admet d’ailleurs s’être à chaque fois préparé à mourir, et s’être, bon an mal an, plié à l’exercice d’enregistrer une vidéo qui aurait pu être diffusée par les services kurdes en cas de décès. Mais le sort en a décidé autrement.



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