[Société] Logement social : Les murs pleurent chez les gramounes

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Le CNL s’indigne des conditions de vie des personnes âgées. Ils sont de plus en plus nombreux à se plaindre de leur logement social insalubre.

Les plus gênés ne peuvent pas toujours partir. Hier, des gramounes ont ouvert la porte de leur logement à la presse pour montrer leurs conditions de vie indignes.

Michel Latchimy a ouvert la porte de son appartement truffés d’infiltrations, sous les fenêtres ou à quelques centimètres des prises de courant. Le vieil homme est amer : il envoie des courriers depuis 2005. André Mendiant vit dans le même immeuble (sur-plombant le siège social de la SIDR) et a lui aussi des pans de mur entièrement imbibés d’humidité à tel point que la peinture part en pelades. Lui aussi demande assistance depuis 2013. Ces personnes (ils étaient une douzaine avec Erick Fontaine hier) sans moyen de défense font pitié. “Il est anormal que les loyers ne soient pas adaptés aux ressources des locataires, a appuyé Erick Fontaine. Certains logements ont augmenté de +120 %, après réhabilitation.”

Marre des infiltrations, des gouttes d’eau qui tombent sur leur lit. Ils sont de plus en plus nombreux à alerter la confédération nationale du logement (CNL) sur l’état insalubre de leur logement social, indique son administrateur, Erick Fontaine. Hier, le poil-à-gratter des bailleurs sociaux de l’île a organiser une visite avec des personnes âgées désabusées, épuisées par tant de démarches qui ne donnent rien auprès des bailleurs sociaux. “Ça nous inquiète, a alerté Erick Fontaine. Il y a une explosion d’appels de gramounes qui nous parlent de grosses dégradations dans leur logement, de leurs conditions de vie et de l’absence d’écoute des bailleurs sociaux. Les infirmières à domiciles, les aides soignantes, les assistantes sociales nous alertent. Certains logements ne sont plus sécurisés, les loyers deviennent exorbitants après réhabilitation pour les petits retraités. On relève aussi beaucoup de refus de mutation dans ce cas précis pour quitter un logement réhabilité devenu trop cher”.

Selon une étude récente de l’ARS, huit gramounes sur dix souhaitent rester dans leur logement pour les années à venir. Pour la moitié d’entre eux, un aménagement de leur logement serait nécessaire en raison de l’avancée dans l’âge.

Le CNL s’est fendu d’un courrier de sommation auprès des bailleurs sociaux, suspecté d’être “maltraitants” avec ses locataires. Le préfet est aussi mis dans la boucle. Car selon le CNL, il y a fort à parier qu’ils sont plusieurs milliers dans ce cas, répartis dans nos 24 communes.

Le CNL compte organiser une réunion avec le Département à ce sujet. La collectivité présidée par Cyrille Melchior doit se préparer à prendre en charge un public appelé à croître dans les vingt prochaines années. D’ici 2040, La Réunion comptera quelque 219 000 vieux. Nombre d’entre eux ne savent qu’ils peuvent bénéficier d’aides du conseil départemental pour réhabiliter leur logement. Erick Fontaine espère réussir à mettre ce problème sur la table. Selon les articles 1719 et 1720 du code civil, les bailleurs sociaux ont l’obligation d’intervenir et de mettre à disposition “un logement décent”. Hier, ce n’était vraiment pas le cas.

Yoann Guilloux

 


La Cour des Comptes enquête sur le logement social péi

On ne connait pas ce qui a motivé leur déplacement dans l’île. Mais cela intrigue à tous les étages de la SIDR, SEDRE, ou SHLMR. Quatre juges de la rue Cambon accompagnés d’une stagiaire s’intéressent de près au parc de logement sociaux de l’île, à la façon dont il est géré. Plusieurs élus des intercommunalités (TCO, Cinor, Cirest, Civis) ont déjà été entendus par les magistrats parisiens ainsi que plusieurs personnels administratifs du Département, de la ville de Saint-Denis et de la DJSCS. “Il s’agit d’une instruction confidentielle”, selon un proche du dossier. La juridiction financière parisienne a pu se saisir de son propre chef, alertée par divers articles de presse ou sur dénonciation anonyme écrite. La Cour des Comptes a aussi très bien pu débarquer tout simplement parce que le premier président de la Chambre Régionale des Comptes et de la Cour des Comptes ont fait figurer les Société d’Economie Mixte du secteur dans leur programme d’étude périodique, sur la base du code des juridictions financières. Prix des loyers, diagnostic amiante, coût de construction, spéculation foncière, ingénierie financière défaillante pour faire sortir les programmes… Les chiffres finiront par parler. Une telle enquête ne devrait toutefois pas être bouclée avant 12 mois.

Y.G



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