Prem Maghoo: «Tout ne se résume pas au succès scolaire, il faut surtout transmettre des valeurs»

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Prem Maghoo, travailleur social et conseiller de district de Grand-Port.

Il y a quelques années, Prem Maghoo prend sa retraite de Sun Resorts. Il y a passé presque quatre décennies et a terminé sa carrière comme Assistant Executive Manager. Toutefois, l’habitant de 16e Mille, village situé à côté de Midlands, n’a pas, pour autant, abandonné ses activités de travailleur social.

Au contraire, il s’est engagé de plus belle. En 2013, même s’il est déjà sexagénaire, Prem Maghoo se porte candidat aux élections villageoises et par la suite se fait élire au conseil de district de Grand-Port. Il y siège toujours, tout en poursuivant son engagement au sein d’autres organisations à vocation sociale.

«Aujourd’hui, les parents n’ont plus le temps et les opportunités pour éduquer leurs enfants.»

Prem Maghoo a beaucoup accompli dans la discrétion. Dans les années 2000, l’État reconnaît sa contribution et lui décerne une décoration, le MSK, pour service à la communauté. Les habitants de 16e Mille, eux, se rappellent encore le rôle déterminant joué par l’adepte de volontariat pour faciliter l’installation des premiers locataires de cité Anoska.

En effet, dans les années 90, la construction du Midlands Dam nécessite le déplacement de toutes les familles, dont une majorité est originaire de Rodrigues, résidant au village La Pipe. Elles sont invitées à s’installer à 16e Mille. Cependant, une majorité des villageois s’opposent à cette démarche. Les déplacés de La Pipe ne peuvent emménager dans leurs nouvelles demeures. L’État fait appel à la Special Mobile Force.

C’est alors que Prem Maghoo, aidé d’une ou deux personnes, prend l’initiative de faire du porte-à-porte pour convaincre les villageois d’accepter la venue des nouveaux habitants. L’entreprise est ardue. Mais finalement, le travailleur social parvient à convaincre les résidents de 16e Mille à s e montrer accueillants. Puis, c’est l’intégration des nouveaux résidents au village. Aujourd’hui, après beaucoup d’encadrement et d’intervention s d e plusieurs organisations non gouvernementales, il fait bon de vivre à cité Anoska.

Par ailleurs, le travailleur social, toujours attentif à l’évolution des choses dans sa sphère d’action, se dit inquiet. Il dit noter qu’à Maurice, le tissu familial s’est effiloché. La prépondérance des activités professionnelles des parents et les nouvelles technologies ont bouleversé les habitudes au sein des familles. Le rituel du dîner familial a disparu. Il en est de même pour les sorties des parents avec les enfants.

«Aujourd’hui, les parents n’ont plus le temps et les opportunités pour éduquer leurs enfants. Si les chefs de famille ne se ressaisissent pas, l’avenir est sombre», affirme notre interlocuteur. Il s’alarme que des adolescents s’enferment dans leur univers via leurs smartphones. D’autre part, il tient à rappeler aux parents que «tout ne se résume pas au succès scolaire, il faut surtout transmettre des valeurs qui feront de nos enfants des citoyens épanouis et responsables».

Cette vision de la vie, Prem Maghoo l’a héritée de l’éducation familiale reçue. Puis, elle a été consolidée par l’encadrement dont le professionnel de l’hôtellerie a bénéficié au début de sa carrière. «À la fin des années 60, j’ai débuté au HMS Mauritius. C’était une véritable école de rigueur, mais aussi d’ouverture aux autres», avance le retraité.

Notre interlocuteur a été, pendant plusieurs années, le Manager du centre d’hébergement de HMS Mauritius, situé à La Cambuse. À la fermeture du relais de la marine britannique en 1975, Prem Maghoo pouvait, comme ses collègues mauriciens, émigrer en Angleterre. Mais il choisit de rester au pays et prend de l’emploi chez Landmark International, qui ouvrait son premier établissement à Maurice : l’hôtel La Pirogue.

C’est ainsi que débute pour le villageois une fructueuse carrière dans l’hôtellerie. Il sera tour à tour affecté dans les différents hôtels du groupe Sun Resorts : Touessrok, Sugar Beach, Long Beach et aux îles Maldives. Toutefois, cette vie professionnelle trépidante n’a pas empêché Prem Maghoo de respecter ses engagements de travailleur social.

Aujourd’hui, à la retraite, il a encore plus de temps et il sait toujours trouver l’énergie pour faire du volontariat.




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Lexpress

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