Pourquoi l’Equateur a-t-il lâché Julian Assange ?

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En mettant fin à l’asile politique accordé au fondateur de WikiLeaks, le chef de l’Etat équatorien Lenin Moreno a choisi de se démarquer de son prédécesseur, Rafael Correa.

Par Marie Delcas Publié aujourd’hui à 10h08, mis à jour à 11h14

Temps de Lecture 4 min.

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A Quito, le 11 avril, des manifestants protestent contre l’arrestation de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres, par la police britannique.
A Quito, le 11 avril, des manifestants protestent contre l’arrestation de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres, par la police britannique. CRISTINA VEGA / AFP

Julian Assange a-t-il fait les frais du conflit entre le président équatorien Lenin Moreno et son impétueux prédécesseur ?

Quand en 2012, Rafael Correa (2007-2017) accepte d’accorder l’asile politique au fondateur de WikiLeaks, M. Moreno est alors vice-président. En livrant M. Assange à la police britannique, six ans et dix mois plus tard, le nouveau chef de l’Etat confirme – s’il en était encore besoin – qu’il entend se démarquer de celui qui fut son mentor.

Résultat, Rafael Correa traite aujourd’hui Lenin Moreno du « plus grand traître de l’histoire d’Equateur et d’Amérique latine ». Et considère que cette décision est la « plus grande ignominie et lâcheté de l’Histoire » et qu’il s’agit « d’un crime que l’humanité n’oubliera pas »

Dans une vidéo diffusée à la télévision et sur les réseaux sociaux, Lenin Moreno a, en effet, annoncé, le 11 avril, « la décision souveraine de mettre fin à l’asile diplomatique octroyé à M. Assange », en invoquant « la conduite irrespectueuse et agressive » de celui-ci et « une situation devenue insoutenable et invivable ».

Julian Assange avait trouvé refuge à l’ambassade équatorienne il y a sept ans pour échapper à un mandat d’arrêt britannique pour des accusations de viol et d’agression sexuelle en Suède – qu’il a toujours niées –, un dossier depuis classé. Néanmoins, dès son arrestation par la police britannique, son accusatrice en Suède a fait savoir qu’elle comptait demander la réouverture de l’enquête. « Nous allons tout faire pour que les procureurs rouvrent l’enquête suédoise et qu’Assange soit remis à la Suède et traduit en justice pour viol », a dit son avocate, Me Elisabeth Massi Fritz, jeudi 11 avril, à l’Agence France-Presse.

Une manière de faire diversion ?

La décision de M. Moreno, quant à elle, continue de susciter la polémique. Selon les détracteurs du président, ce dernier, éclaboussé par le récent scandale dit des « INA Papers », révélé par WikiLeaks, et soupçonné d’avoir bénéficié de compagnies off shore, aurait agi par vengeance et par souci de faire diversion.

Des soupçons d’espionnage, de collusion avec la Russie, jusqu’aux dégâts causés au sein même de l’ambassade équatorienne, la liste des griefs formulés contre M. Assange est longue. Le chef de l’Etat a indiqué que le réfugié avait « violé les conventions internationales » et « le protocole de cohabitation », à savoir les règles convenues pour son séjour dans les locaux de l’ambassade. Selon M. Moreno, M. Assange aurait, entre autres, installé des équipements non autorisés dans l’ambassade, agressé les gardes et accédé à certaines archives, sans permission.



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