En Finlande, le système de santé au cœur des élections législatives

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Le vieillissement de la population fragilise un système de soins jugé performant mais trop complexe, devenu un enjeu-clé du scrutin de dimanche.

Par Anne-Françoise Hivert Publié aujourd’hui à 10h51, mis à jour à 13h59

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A Helsinki, le 12 avril.
A Helsinki, le 12 avril. LEHTIKUVA / REUTERS

Quand il a pris la direction du gouvernement finlandais en mai 2015, le centriste Juha Sipilä a promis d’accomplir ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait réussi avant lui. A la tête d’une coalition avec les conservateurs du Parti de la coalition nationale et les populistes des Vrais Finlandais, il allait mener à bien la réforme de la santé et des services sociaux (SOTE), lancée dix ans plus tôt.

En cas, d’échec, M. Sipilä s’était engagé à quitter ses fonctions. Le 7 mars, il a tenu ses promesses : à cinq semaines des élections législatives qui se tiendront dimanche 14 avril, le premier ministre a présenté sa démission. Habile coup de poker du leader d’un parti à la peine dans les sondages ou geste désespéré qui ne saurait leurrer l’électeur ?

Une chose est sûre : en rebattant les cartes si près du scrutin, M. Sipilä a modifié sensiblement les règles du jeu d’une campagne d’où n’émerge aucun grand vainqueur, malgré une légère avance pour les sociaux-démocrates, donnés à 19 % dans les derniers sondages. Derrière, quatre partis tiennent dans un mouchoir de poche : les Vrais Finlandais (16,3 %), le Parti de la coalition nationale (15,9 %), le Parti du centre (14,5 %) et la Ligue verte (12,2 %).

Le principal chantier de la prochaine législature

A peine le premier ministre avait-il annoncé sa démission que la coalition gouvernementale a volé en éclats. « Alors que les centristes et conservateurs juraient encore la veille qu’ils étaient en accord total sur leur projet de réforme, ils se sont immédiatement mis à s’accuser mutuellement de son échec », constate le politologue Göran Djupsund.

Dans l’espoir de diriger une coalition aussi large que possible après les élections, les sociaux-démocrates cherchent à se placer au-dessus de la mêlée. « Une réforme aussi conséquente ne pourra aboutir sans faire l’objet d’un compromis entre tous les partis présents au Parlement », confiait ainsi au Monde le leader social-démocrate Antti Rinne, favori dans la course au poste de premier ministre, quelques jours avant le scrutin.

De fait, la réforme SOTE sera le principal chantier de la prochaine législature. La santé qui arrive d’ailleurs en tête des préoccupations des électeurs finlandais. Etrange à première vue pour un pays dont le système de santé se classe parmi les meilleurs du monde, autant du point de vue de la qualité que du coût (9,5 % du PIB).

Antti Rinne, chef de file des sociaux-démocrates, le 10 avril.
Antti Rinne, chef de file des sociaux-démocrates, le 10 avril. LEHTIKUVA / REUTERS

« C’est justement pour s’assurer que cela reste le cas que nous devons mener cette réforme, et vite, avant qu’il ne soit trop tard », explique le centriste Matti Vanhanen, premier ministre de 2003 à 2010 et aujourd’hui candidat au Parlement. La raison de cet alarmisme : le vieillissement accéléré de la population du pays, qui compte 5,5 millions d’habitants. D’ici à 2030, plus d’un quart des Finlandais auront plus de 65 ans, ce qui devrait entraîner le doublement des dépenses publiques dans la santé et les services sociaux d’ici dix ans, selon les estimations du ministère des finances.



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