Décès troublant de Quincy, 14 ans: «Les médecins n’ont pas décelé ce dont souffrait notre enfant»

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L’adolescente, qui est décédée jeudi, voulait devenir pâtissière.

L’adolescente, qui est décédée jeudi, voulait devenir pâtissière.

Les questions se bousculent dans la tête de Jean Yves et Marie Elna Sylvio. Hospitalisée mardi soir pour des douleurs à l’abdomen, leur fille de 14 ans est décédée jeudi matin. Aucun médecin n’a pu dire de quoi elle souffrait.

Ils sont fatigués. C’est qu’ils ont trop pleuré. Jeudi, Jean Yves et Marie Elna Sylvio ont enterré leur fille, Quincy Chequina. Elle n’avait que 14 ans. Et des rêves plein la tête, dont celui de devenir pâtissière. Admise à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo depuis mardi, l’adolescente est décédée dans des circonstances troublantes. Aucun médecin n’a pu déceler l’origine de ses douleurs à l’abdomen. L’autopsie a attribué la mort à une septicémie des suites d’une infection.

Cette élève du Mauritius Institute of Training and Development a-t-elle été victime d’une négligence médicale ? Pas de réponse à ce stade. Un échantillon de son sang a été envoyé au laboratoire du Forensic, à Réduit. C’est après avoir reçu le rapport que ses parents décideront de la marche à suivre.

Jean Yves et Marie Elna Sylvio ne comprennent toujours pas comment leur fille est morte. Lorsque nous les avons rencontrés hier, vers 18 h 30, à la Sugar Planters, à Pointe-aux-Sables, la salle verte érigée jeudi après-midi et qui a accueilli les funérailles de l’adolescente tenait toujours. Ses proches s’apprêtaient à faire une prière. «Pourquoi les médecins n’ont-ils pas décelé ce dont souffrait notre enfant ? Comment se peut-il que personne n’ait pu lui apporter des soins ?» lâche Marie Elna Sylvio. Si seulement la jeune fille avait reçu un traitement adéquat, elle serait peut-être toujours en vie…

C’est dimanche après-midi que Quincy a commencé à ressentir des douleurs. «Elle me disait qu’elle ne pouvait supporter la douleur. Dans la nuit, elle s’est réveillée en pleurs. Je lui ai donné un calmant à base de menthe. Elle s’est réveillée un peu plus tard et a commencé à vomir. Les douleurs ne passaient pas», raconte Marie Elna. Lundi, elle emmène sa cadette au centre de santé de la région. Le médecin de service lui prescrit des calmants et lui recommande un examen de sang à faire le lendemain.

Dans la nuit, Quinzy Chequina Sylvio se réveille en sueur et se tord de douleur. Son père, Jean Yves, la transporte à l’hôpital Jeetoo. «Le médecin l’a examinée et lui a prescrit des calmants. Nous sommes rentrés à la maison», dit ce laboureur de 38 ans. En route, la jeune fille n’arrive pas à se calmer. Ses parents décident alors de se tourner vers un médecin du privé, mardi. «Il lui a donné un lavement ainsi que des calmants.»

Rien n’y fait, l’adolescente continue à se tordre de douleur. Dans la soirée de mardi, elle est conduite une nouvelle fois à l’hôpital Jeetoo. Le médecin de garde la réfère à un gynécologue, qui décide de l’admettre pour des soins. Mercredi matin, alors que Marie Elna et Jean Yves Sylvio se rendent au chevet de leur fille, ils apprennent que des examens sanguins lui ont été faits.

«Le médecin nous a dit qu’elle souffrait d’une infection, mais qu’il n’en connaissait pas la provenance. Il a procédé à des examens plus avancés et nous a dit que les résultats ne sauraient tarder», soutient la mère de Quincy Chequina Sylvio. Aux alentours de 15 heures, lorsqu’ils se rendent de nouveau à l’hôpital, les résultats n’étaient pas prêts. «Vers 21 heures, Quincy m’a appelée. Elle pleurait et me disait qu’elle ne pouvait supporter la douleur. Elle m’a parlé longuement jusqu’à 2 h 30 jeudi. Elle me demandait de venir la récupérer et me disait qu’il n’y avait personne pour s’occuper d’elle», relate la trentenaire.

Par la suite, sa fille ne l’appellera plus. Marie Elna pense alors qu’elle s’est endormie. Jeudi matin, à l’heure des visites, c’est le choc. Elle découvre sa fille inerte, des vomissures autour d’elle ainsi que sur ses vêtements. «À aucun moment je n’ai pensé que ma fille allait mourir dans de telles conditions. Je tentais de la calmer en lui disant que demain matin nous viendrions la récupérer mais je ne pensais pas que c’est son cadavre qui reviendrait à la maison.»




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