Combats en Libye, fermeture de l’UE : les migrants dans l’impasse

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Le Haut Commissaire aux réfugiés de l’ONU demande la mise en place de « couloirs humanitaires » vers l’Europe pour les plus vulnérables.

Par Marie Bourreau et Julia Pascual Publié aujourd’hui à 08h41, mis à jour à 09h04

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Sur le navire de secours « Sea-Watch », le 3 avril 2019.
Sur le navire de secours « Sea-Watch », le 3 avril 2019. FABIAN HEINZ / AP

Les affrontements en Libye font planer une menace grandissante sur la situation des nombreux migrants en quête d’Europe et bloqués dans le pays. Depuis l’éruption des combats au sud de Tripoli il y a une semaine, qui opposent les forces du maréchal Khalifa Haftar à celles du gouvernement de Fayez Al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale, « les risques pour leur vie augmentent d’heure en heure. Il est urgent de les mettre à l’abri. C’est une question de vie ou de mort », a déclaré le Haut-Commissaire aux réfugiés (HCR), l’Italien Filippo Grandi, dans un communiqué publié vendredi 12 avril.

Quelque 3 000 migrants reclus dans les centres de détention officiels de la capitale sont exposés à des risques sévères. La grande majorité est susceptible de relever du droit d’asile. Originaires d’Erythrée, de Somalie ou du Soudan, ils sont détenus parce que considérés comme étant en situation irrégulière, dans des conditions qualifiées « d’atroces et d’inadmissibles » par M. Grandi. Le HCR « demande de toute urgence la libération immédiate » de ces personnes et la mise en place de « couloirs humanitaires » pour les plus vulnérables.

« On compte sept centres de détention officiels à Tripoli, résume Hassiba Hadj-Sahraoui, conseillère aux affaires humanitaires de Médecins sans frontières. Tous se situent à une dizaine de kilomètres maximum des combats et l’un d’eux, à Qasr bin Ghashir, est déjà sous le contrôle des forces d’Haftar. »

Le HCR a évacué environ 152 migrants d’un des centres de détention au sud de Tripoli, qui se trouvaient menacés par les combats et privés de nourriture, « mais une partie seulement ont pu être déplacés vers le centre du HCR, qui n’a pas la capacité d’accueillir tout le monde », souligne Hassiba Hadj-Sahraoui. Elle s’inquiète par ailleurs du « risque très important que certains détenus se retrouvent enrôlés de force dans les combats ou recrutés en soutien logistique ».

« Situations absurdes »

Les traversées de la Méditerranée centrale vers l’Europe se situent actuellement à un niveau très faible avec 551 arrivées en Italie et 246 à Malte depuis janvier, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), contre près de 25 000 en 2018, plus de 119 000 en 2017 et plus de 180 000 en 2016. Celles-ci sont devenues, dans le même temps, beaucoup plus dangereuses : le taux de mortalité sur la route de la Méditerranée centrale est passé de 2,6 % en 2017 à 13,8 % en 2019. On dénombre 256 morts depuis le début de l’année. Le porte-parole de l’OIM, Flavio Di Giacomo, a fait part au Monde de sa « préoccupation » face à la « diminution des moyens de sauvetage » en mer.



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