Pour Yannick Jadot, l’enjeu des européennes c’est « l’écologie ou la barbarie »

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La tête de liste Europe Ecologie pour le scrutin du 26 mai a tenu, mercredi, près de Lyon, son premier grand meeting national.

Par Sylvia Zappi Publié hier à 23h44, mis à jour à 06h24

Temps de Lecture 3 min.

Lors du meeting européen de Yannick Jadot (EELV) à Villeurbanne, près de Lyon, le 10 avril.
Lors du meeting européen de Yannick Jadot (EELV) à Villeurbanne, près de Lyon, le 10 avril. JEFF PACHOUD / AFP

La salle est sage dans ce grand hall du campus de la Doua à Villeurbanne (Rhône), près de Lyon. Pour ce premier meeting national de Yannick Jadot, ce mercredi 10 avril, il s’agit de montrer la force de la liste Europe Ecologie devant quelque 500 fidèles. Il manque pourtant ce grain de folie que Les Verts avaient porté, en 2009, lors de leur campagne européenne emmenée par Daniel Cohn-Bendit.

Les grands tournesols en plastique qui ornaient la tribune ont été remplacés par un drapeau français et une bannière européenne. Plus d’hurluberlu déguisé en lapin géant faisant irruption entre deux discours. Plus de fougue non plus que portait le rassemblement écologiste qui allait donner naissance à Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Tout semble plus sérieux et plus terne. Même le slogan des Marches pour le climat « on est plus chaud, plus chaud que le climat » a du mal à prendre.

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Le mot d’ordre de la soirée annonce la couleur : « l’écologie ou la barbarie », reprenant le nom de la revue du communiste dissident Cornélius Castoriadis au lendemain de la seconde guerre mondiale. Un slogan quelque peu glaçant pour une campagne électorale.

Sur une vidéo, Noël Mamère, ancien député, complète la sombre prophétie en ajoutant : « La planète brûle et l’Europe se meurt. Nous avons le choix entre le sursaut ou la catastrophe. » Eva Joly, députée européenne sortante, met, elle, en garde contre le « chaos ». L’heure est au catastrophisme et il s’agit de démontrer que, face à l’urgence climatique, les écologistes sont la seule force européenne capable d’y faire face.

« Au moins, on sait ce qu’ils font »

Tous les thèmes fétiches des écolos sont abordés. Damien Carême, maire de Grande-Synthe (Nord), est venu défendre une Europe de « fraternité » qui accueille les migrants et « fait tomber les frontières ».

Des témoignages d’agriculteurs malades qui se battent contre les pesticides et parents de bébés sans bras viennent montrer les combats locaux soutenus par EELV. Marie Toussaint, à l’initiative de la pétition l’Affaire du siècle – qui porte un recours contre l’Etat pour « inaction climatique », rappelle la « colère » des citoyens mobilisés contre « l’écocide » de la planète menacée par le réchauffement climatique. Et Michèle Rivasi chauffe la salle en fustigeant les « écologistes ripolinés » présents sur les autres listes, ajoutant : « Il faut voter écolo parce qu’au moins, on sait ce qu’ils font. »

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Yannick Jadot peut alors entrer en scène et le public se réveille. Le député européen tape à tour de bras sur François-Xavier Bellamy, le candidat Les Républicains (LR), qui « choisit par conviction de se battre contre l’avortement et le mariage pour tous ». Il s’attaque ensuite à la liste de La République en marche, « casting du en même temps pro et anti chasseurs, pro et anti pesticides, pro et anti nucléaires », « bras armé d’un libéralisme prédateur » qui prône la « restauration d’un vieux monde ».

Mais il se garde de critiquer les autres listes à gauche, comme si elles ne comptaient pas à ses yeux. Il s’est déjà lâché en conférence de presse en se moquant des listes « patchwork » et des convertis de la dernière heure à l’écologie.

Des projets « enthousiasmants »

La tête de liste a préféré rappeler les enjeux d’un bulletin vert le soir du 26 mai. « Nous voulons mettre l’écologie au cœur et nous ne serons plus les supplétifs de personne. Le temps est venu que l’Europe soit l’Europe de la vie », dit-il. Le candidat égrène les projets « enthousiasmants » de faire une Europe des « paysans bio », qui « respecte » les animaux, « bannit » les pesticides, une Europe « 100 % renouvelable ».

Il met en avant le « traité environnemental » qui soumettra toutes les politiques publiques au respect du climat, le « protectionnisme vert » pour taxer les produits nocifs, la « sécu de l’environnement », assurance pour les victimes de la pollution ou des pesticides ou encore le « revenu de transition écologique » pour aider les conversions. Bref une Europe « qui sauve le climat » et sanctionne les pollueurs.

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Comprenant enfin qu’il faut quand même aussi soulever un peu d’espoir quand sa liste plafonne à 8 % dans les intentions de vote, Yannick Jadot a dit espérer lancer une « Europe du bonheur ». La salle se lève enfin. Le peuple écolo veut croire que son moment est venu.

Sylvia Zappi (envoyée spéciale à Villeurbanne (Rhône))



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