[AFP] Edouard Philippe conclut le Grand débat : les députés réunionnais réagissent

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Le grand débat montre qu’un “mur de défiance” sépare les Français de leurs représentants (élus, fonctionnaires, syndicalistes, journalistes), a estimé mardi Edouard Philippe devant l’Assemblée nationale.

Si les pratiques de la vie politique se sont “considérablement assainies”, cette défiance a prospéré sur des “échecs collectifs” comme le “chômage de masse” et “le blocage de l’ascenseur social” mais aussi des “maladresses et des malentendus. Et j’en prends toute ma part”, a déclaré le Premier ministre dans son discours tirant les leçons du grand débat devant les députés.

Baisse du pouvoir d’achat par tête depuis la crise économique de 2008, inquiétude de voir ses enfants vivre moins bien que soi, éloignement… après un premier compte-rendu du grand débat lundi, le chef du gouvernement a poursuivi son diagnostic sur les causes de la crise des “gilets jaunes”, terme qu’il n’a pas cité.

Né d’un “malaise profond de beaucoup de nos compatriotes”, le mouvement “exprime un besoin de considération et de reconnaissance, une volonté d’être associé à la décision au lieu de la subir”, a-t-il jugé, après six mois de manifestations hebdomadaires et trois mois de grand débat national.

Avant un discours du Premier ministre devant le Sénat mercredi, cette intervention devant les députés est la dernière étape de conclusion du grand débat avant les premières annonces d’Emmanuel Macron, attendues mi-avril.

 

Les députés réunionnais ont réagit à la déclaration d’Edouard Philippe en conclusion du Grand Débat National :

 

  • Jean-Hugues Ratenon : Grand Débat ou Grand Blabla ?

“Après la fin du Grand Débat National, le Premier Ministre Edouard Philippe s’est exprimé devant l’Assemblée Nationale au titre de l’Article 50-1 de la Constitution. J’ai assisté dans l’hémicycle à cette allocution, qui voulait être une synthèse et une conclusion du Grand Débat National convoqué par Emmanuel Macron après le début de la crise des Gilets Jaunes. Ce mardi 9 avril, le chef du Gouvernement est venu prononcer un discours vide, qui se résume à « Le Président annoncera quelque chose ».

On sait d’ores et déjà que ce débat qui a coûté 12 millions d’euros n’a mobilisé que très peu de monde. Les « garants » du Grand Débat l’on fait remarquer : les questions envoyées aux citoyens étaient biaisées et l’omniprésence du Président de la République ont nui à la qualité des travaux et à leur objectivité.

Ce à quoi nous avons assisté aujourd’hui n’était donc pas une conclusion d’un débat qui aurait réuni l’ensemble des Français pour remettre à plat toute l’organisation de notre société, mais simplement le meeting de clôture de la première phase de campagne de La République En Marche pour les européennes.

Ainsi, alors que les dernières enquêtes d’opinion et la persistance du mouvement des Gilets Jaunes nous ont montré que la population veut plus de justice sociale et fiscale, plus de protection et de mesures environnementales, le Gouvernement a axé toute cette séquence sur la réduction des services publics.

Le Gouvernement a entendu mais n’a rien écouté : ce n’était donc pas un Grand Débat mais simplement des évènements de campagne d’un clan aux frais de tous les citoyens. Du grand blabla.

Le Peuple appréciera”.

 

  • Nadia ramassamy : Être à la hauteur des espérances

“Annoncé par le Président de la République Emmanuel Macron en décembre dernier, le Grand débat national, dont le coût est estimé à 12 millions d’euros pour l’État, et qui a monopolisé toutes les attentions depuis des mois touche désormais à sa fin. Passé les mots et les réunions fleuves, passé le concours Lépine des ministres sur les retraites et la fiscalité, l’heure est à la restitution de ces milliers de réunions, de cahiers de doléances et de courriers de nos concitoyens.

Si les Françaises et les Français se sont mobilisés, ils s’impatientent et attendent désormais du gouvernement des réponses, des actes et des résultats. Particulièrement dans les territoires ultramarins, qui des États généraux des Outre-mer en 2009 au Grand débat national en 2019 en passant par les Assises des Outre-mer en 2017, finissent par se détourner de la politique faute de mesures tangibles.

La France est en pause depuis plus de deux mois, le Parlement tourne au ralenti et à ce jour, c’est le flou qui l’emporte: dans quel domaine le gouvernement prendra-t-il des mesures ? Sous quelle forme ? Par une ou des lois ? Par referendum ? Selon quel calendrier ? Au moment des élections européennes ou à la rentrée de septembre ? En une fois ou perlé ? C’est au Président de trancher nous dit-on, alors même que l’on attendait à l’issue de ce Grand débat une pratique moins verticale du pourvoir.

Conscience écologique, exigence de justice fiscale, demande de services publics de proximité, besoin de décentralisation, les thèmes de la restitution du Grand débat énoncés par le Premier ministre hier au Grand Palais et aujourd’hui devant l’Assemblée nationale étaient déjà connus.

Répondre seulement par une baisse des impôts et de la dépense publique aux revendications sur le Référendum d’initiative citoyenne et sur l’Impôt sur la fortune, ne permettra pas de rebâtir un nouveau contrat avec la Nation qui doit s’écrire en partant des propositions des citoyens, des associations et des élus.

« Après le grand débat, rien ne sera comme avant », assure Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement. J’invite donc la majorité à dialoguer sincèrement avec son opposition responsable plutôt que d’organiser à l’Assemblée un débat sans vote sur le Grand débat.



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