[Société] Chaleur, sécheresse : l’été de tous les records

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A Trois-Bassins, le thermomètre a affiché 34,9°C aujourd’hui, un nouveau record pour un mois d’avril. Ce type d’événement s’enchaîne depuis le début d’année. Températures exceptionnels, sécheresse ou encore multiplication des cyclones intenses dans la zone, cet été est celui de tous les records. 

  • Des températures records

L’année 2019 a démarré fort avec un nouveau record de température. En janvier, le thermomètre a grimpé jusqu’à 37°C à la pointe de Trois-Bassins. Le précédent record remontait au 6 mars 2004, avec 36,9°C, enregistrés au Port.

La chaleur persiste depuis et le premier trimestre 2019 est le plus chaud depuis un demi siècle. En janvier, l’écart à la normale 1981-2010 avait été de + 1,2° pour les températures maximales et de + 1,6° pour les températures minimales. En février, il était de +1,2° pour les maximales et +0,2° pour les minimales. En mars, les températures étaient 2°C au-dessus de la normale pour les maximales pour les trois stations de référence que sont Gillot, la Plaine des Cafres et Pierrefonds.

Parallèlement à ces moyennes, d’autres records ponctuels ont été battus. Le 25 mars, on relève la température la plus élevée pour un mois de mars à Trois-Bassins (35.7° C). Aujourd’hui encore, Météo France enregistre un nouveau record de chaleur pour un mois d’avril (34,9°C), toujours dans la commune de l’Ouest… 

Météo France prévoit une poursuite de cette tendance au second trimestre 2019.

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  •  L’été le plus sec depuis 48 ans

La saison des pluies 2018/2019 est la plus sèche depuis 48 ans. Les déficits les plus marqués concernent l’ensemble des hauts et le littoral de l’Est et du Nord-Est. L’Ouest connaît des déficits modérés et le Sud-Ouest est proche de la normale. Le niveau des cours d’eau dans l’Est est particulièrement bas avec des occurrences centennales atteintes pour la plupart des cours d’eau.

Pour rappel, le comité sécheresse s’est réuni jeudi dernier, avec 3 mois d’avance, afin de faire le bilan de la situation hydrologique et météorologique de ce début d’année et d’anticiper une éventuelle crise.

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Cette saison, 13 systèmes ont été suivis dans le bassin, ce qui est au-dessus de la moyenne (environ 10). Fait plutôt remarquable, 9 des 13 systèmes étaient des cyclones intenses. La Réunion, contrairement à d’autres territoires de la zone, a été épargnée par cette saison cyclonique particulièrement active. Pour rappel, l’île Rodrigues a subi le passage des cyclones intenses Gelina puis Joaninha, qui ont provoqué d’importants dégâts. Et le Mozambique a été balayé par le puissant cyclone Idai. 

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Plusieurs facteurs expliquent les records de chaleur. Tout d’abord, on se trouve dans un contexte mondial de réchauffement climatique. En moyenne, sur les 50 dernières années, les températures ont augmenté de 0,8°C à La Réunion. Il faut également prendre en compte la variabilité naturelle climatique, qui signifie que d’une “année à l’autre le climat peut changer” explique François Bonnardot responsable du département études et climatologie à Météo France. Actuellement, le phénomène El Niño qui évolue dans l’océan Pacifique influe également sur l’océan Indien et on constate la présence de poches d’eau plus chaudes que la normale autour de La Réunion. Autres facteurs expliquant la hausse des températures : l’absence de vent et de couverture nuageuse. “Les projections sont assez unanimes, les températures vont continuer à augmenter dans le futur”, confirme François Bonnardot. Selon les scénarios, les météorologistes prévoient une augmentation des températures de 1,5°C à 3°C d’ici la fin du XXIème siècle. 

Concernant les cyclones, le responsable de Météo France précise qu’il est difficile de dégager une tendance sur la fréquence et/ou l’intensité des systèmes. Toutefois, on remarque  ces 30 à 40 dernières années que les cyclones intenses touchent des zones plus au Sud. Comme la température de l’eau est plus chaude, le potentiel énergétique pour les cyclone est désormais plus important dans cette région. Ainsi la probabilité pour La Réunion, d’être touchée par un cyclone intense est plus élevée. 

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AT



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