Donald Trump en échec sur l’immigration

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Une série de mises à l’écart dans l’administration Trump, qui a touché Kirstjen Nielsen et Ron Vitiello, révèle l’exaspération du président face à l’absence de résultats sur les arrivées de sans-papiers.

Par Gilles Paris Publié aujourd’hui à 04h34, mis à jour à 04h34

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Le président américain en visite à la frontière mexicaine près de Calexico (Californie), le 5 avril.
Le président américain en visite à la frontière mexicaine près de Calexico (Californie), le 5 avril. KEVIN LAMARQUE / REUTERS

Le président Donald Trump a limogé dimanche 7 avril, par un message publié sur son compte Twitter, sa secrétaire à la sécurité intérieure chargée de l’immigration, Kirstjen Nielsen, en poste depuis juillet 2017.

Trois jours plus tôt, il avait déjà évincé le chef par intérim de la police de l’immigration, Ron Vitiello, dont la confirmation venait pourtant de franchir des obstacles significatifs au Sénat. « Nous voulons aller dans une direction plus dure », s’était-il justifié alors que ce responsable plaidait pourtant pour une « tolérance zéro » envers les sans-papiers présents sur le sol américain. Ron Vitiello avait appris à la dernière minute qu’il ne ferait pas partie du voyage effectué vendredi par le président à la frontière avec le Mexique, en Californie.

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Cette série de mises à l’écart traduit l’exaspération de Donald Trump face à l’absence de résultats de son administration à propos du dossier sur lequel il a fondé son entrée en politique, il y a près de quatre ans. Après deux ans passés à la Maison Blanche, en effet, les arrivées de sans-papiers en provenance d’Amérique centrale sont désormais au plus haut depuis une décennie. Près de 100 000 personnes ont été arrêtées en mars après être entrées sans autorisation sur le sol américain, au lieu de 78 000 le mois précédent et 58 000 en janvier. Ces arrestations constituent l’un des indices les plus fiables pour mesurer l’immigration illégale.

Centres de rétention saturés

Lors de sa première année de président, Donald Trump avait pu se féliciter d’une baisse des interpellations qu’il avait mise sur le coup de son discours intransigeant. Sauf que la situation s’est renversée l’année suivante, ses services étant incapables de juguler les arrivées, principalement de demandeurs d’asile en provenance du Honduras, du Guatemala et du Salvador, des pays en proie au chaos. Cet afflux, que les diatribes présidentielles semblent stimuler, explique que les centres de rétention de la police des frontières soient désormais saturés. Contrairement à ce qu’avait annoncé le président, les migrants arrêtés sont désormais relâchés dans l’attente de leur jugement, alors que les tribunaux croulent sous les dossiers comme jamais par le passé.

Le président des Etats-Unis a dû renoncer en juin 2018 à la politique de séparation des familles de ces migrants, censée avoir un effet dissuasif, à la suite du scandale qu’elle avait provoqué, y compris parmi certains républicains. Le déploiement de l’armée sur la frontière a été considéré comme relevant du simple affichage politique. Des gouverneurs, y compris républicains, ont d’ailleurs refusé de mettre à disposition leur garde nationale.



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