Diller Scofidio + Renfro, architectes conquérants de l’ouest de Manhattan

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L’agence, cocréée par Elizabeth Diller, qui vient d’inaugurer The Shed, un nouveau temple pour les arts à New York, a notamment signé la High Line, promenade végétalisée sur les bords de l’Hudson.

Par Isabelle Regnier Publié aujourd’hui à 10h07

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Les architectes David Rockwell et Elizabeth Diller, devant The Shed, à New York, le 1er avril.
Les architectes David Rockwell et Elizabeth Diller, devant The Shed, à New York, le 1er avril. MARK LENNIHAN / AP

En 2009, quand a ouvert le premier tronçon de la High Line, la formidable promenade végétalisée qui serpente sur les anciennes voies de chemin de fer qui courent le long de l’Hudson, à New York, ses architectes étaient loin d’imaginer le succès qu’elle allait rencontrer. Liz Diller, Ricardo Scofidio et Charles Renfro s’étaient certes battus pour elle. Après que le maire, Rudy Giuliani, leur eut opposé une fin de non-recevoir, ils avaient convaincu son successeur, Michael Bloomberg, de l’intérêt du projet. A l’instar de Central Park, la High Line fut validée comme un espace public susceptible de stimuler la promotion privée. Les perspectives de croissance de l’agence DS + R se fondaient, entre autres, sur une hypothèse de 400 000 visiteurs par an.

Lire le reportage : The Shed, un temple pour les arts à New York

En 2018, pas moins de 8 millions de piétons en ont foulé le sol. Les terrains attenants ont commencé à se vendre au lendemain de la crise des subprimes, en 2008. Bloomberg ayant profondément modifié le plan d’urbanisme de la ville au long de ses trois mandats, les premiers gratte-ciel sont vite sortis de terre. Le mouvement, depuis, ne cesse de s’intensifier. « Le quartier de Chelsea va bientôt ressembler à Midtown », prédit Liz Diller.

Fière du Shed, ce nouveau centre d’art dont elle a, avec son agence, imaginé le programme et porté le projet, l’architecte cache mal l’embarras que lui inspire le complexe immobilier de luxe dans lequel il s’inscrit, ces Hudson Yards dont elle a conscience de les avoir elle-même engendrés, et où elle a, qui plus est, construit un immeuble. Un choix de raison, se justifie-t-elle : « Quand le promoteur nous a proposé de construire la tour dans lequel le Shed devait s’incruster, nous nous sommes dits qu’il était dans notre intérêt d’accepter. C’était une manière de s’assurer d’avoir un bon voisin, et de la possibilité d’en acquérir pour le Shed les dix premiers étages. »

Un ADN de plasticiens-scénographes-metteurs en scène

Seule architecte à figurer, en 2018, dans la fameuse liste des cent personnes les plus influentes au monde de Time Magazine, Elizabeth Diller n’a pas toujours construit des centres d’art, des high lines et des tours. En 1979, quand elle a créé son agence avec son professeur d’architecture Ricardo Scofidio, elle s’investit dans le théâtre expérimental, la performance, les arts visuels… « J’étais très influencée par les travaux de Gordon Matta Clark, de Trisha Brown, de Steve Reich. Je me suis inscrite à un cours d’architecture dans le cadre de mes études d’art. Ce qui m’intéressait dans l’architecture, c’était le discours critique qu’elle produisait, qui invitait à casser les frontières entre les disciplines. »



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