[Faits Divers] Jean-Claude Lacouture jugé aujourd’hui pour harcèlement moral

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Le maire de l’Etang-Salé est jugé ce jeudi pour harcèlement moral. Sa maîtresse et directrice de cabinet lui succèdera à la barre, pour répondre de “recel de prise illégale d’intérêt”.

Pour la première fois de sa carrière politique, c’est en qualité de maire que Jean-Claude Lacouture, 68 ans, sera, ce jeudi après-midi, à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Maire de l’Étang-Salé depuis 1997, il sera jugé en sa qualité de président (de droit) du CCAS (centre communal d’action sociale) et devra répondre de harcèlement moral, propos ou comportements répétés ayant pour objet ou effet une dégradation des conditions de travail, pouvant attenter aux droits, à la dignité, à la santé ou à l’avenir professionnel d’autrui. Ces faits que la justice reproche à l’édile se sont déroulés sur la période du 14 septembre 2015 au 13 août 2017 et avait pour cible et victime, Mireille Malet, cadre A de la fonction publique territoriale et directrice du CCAS.

Après avoir recruté Mme Malet, avoir loué ses compétences et qualités professionnelles, en interne (comme l’attestent ses notations) comme à l’extérieur, Jean-Claude Lacouture l’avait prise en grippe. Il est jugé aujourd’hui pour avoir multiplié les vexations, les humiliations professionnelles et sociales. Mireille Malet avait été déchue de ses fonctions, au profit d’un agent illettré plafonné à la catégorie C, avait ensuite été placardisée, puis déménagée dans un bureau d’accueil, exclue des réunions de service et même sanctionnée pécuniairement par des suppressions de primes professionnelles.

Jean-Claude Lacouture sera défendu par deux avocats dionysiens : Me Rémi Boniface et Me Jean-Jacques Morel. Mireille Malet, victime et partie civile a pour avocat Me Jérôme Maillot.

 

Marie-Claude Lapierre à la barre

 

L’ombre de Jean-Claude Lacouture apparaîtra en filigrane de l’autre procès de la journée, concernant les locataires de la mairie de l’Étang-Salé. À la barre sera jugée Marie-Claude Lapierre, 52 ans, directrice de cabinet du maire, qui fut également sa maîtresse à partir de 2008, comme l’a révélé Jacques Tillier dans son Édito de samedi dernier, reprenant le PV d’une audition de Jean-Claude Lacouture, en décembre dernier.

Marie-Claude Lapierre est, elle, jugée pour “recel de bien provenant d’une prise illégale d’intérêts d’un élu public dans une affaire qu’il administre ou qu’il surveille”. Alors qu’elle était la maîtresse du maire, elle avait pu acquérir une case et un terrain situés sur le littoral, un bien dont la famille du défunt pêcheur qui l’occupait n’avait pu hériter, à cause d’une dette d’à peine 2 500 €. Jean-Claude Lacouture avait fait racheter cette case, au fort potentiel d’aménagement, par la commune, pour permettre, ensuite, à sa directrice de cabinet de la racheter à la collectivité. Dans ce fameux PV d’audition, Jean-Claude Lacouture explique également aux enquêteurs que le fait qu’il soit l’amant de la prévenue “a pu l’influencer” (lui) dans sa décision.

L’étonnant dans ce dossier, mais c’est le code de procédure pénale qui veut ça, c’est que Marie-Claude Lapierre est poursuivi pour recel, ce qui signifie qu’il faut bien un auteur principal. L’enquête diligentée par le procureur Zuchowicz a fait apparaître que Jean-Claude Lacouture peut être considéré comme l’auteur de la prise illégal d’intérêt, puisqu’il a non seulement décidé de la récupération du bien immobilier, au détriment des filles du pêcheur, mais également validé la vente à sa maîtresse. Cependant, un examen juridique de la situation aboutit à la reconnaissance de la prescription des faits, puisqu’ils remontent à plus de trois ans. Jean-Claude Lacouture ne peut donc pas être poursuivi.

Marie-Claude Lapierre sera défendue par le bâtonnier Georges-André Hoarau et Me Normane Omarjee. Frédérique et Odette Hoarau, les filles spoliées du pêcheur décédé, se sont constitué parties civiles. Elles seront assistées de Me Jérôme Maillot.

 

Jean-Noël Fortier



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