d’anciens militaires accusés de crime contre l’humanité après des viols

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Ils auraient agressé sexuellement, de façon « systématique » neuf femmes, lors de la période la plus sanglante des affrontements entre l’armée et le Sentier lumineux.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 03h03

Temps de Lecture 1 min.

Les anciens militaires accusés de crimes contre l’humanité pour les viols répétés de neuf paysannes lors du conflit contre la guérilla du Sentier lumineux, à Lima, le 27 mars.
Les anciens militaires accusés de crimes contre l’humanité pour les viols répétés de neuf paysannes lors du conflit contre la guérilla du Sentier lumineux, à Lima, le 27 mars. ERNESTO BENAVIDES / AFP

Un tribunal de Lima, au Pérou, a qualifié, mercredi 27 mars, de crime contre l’humanité les viols « systématiques » de neuf paysannes par des militaires entre 1984 et 1995 lors du conflit entre l’armée et la guérilla maoïste du Sentier lumineux. De fait, « le procès se tiendra lors d’audiences publiques », a précisé le juge Edhin Campos.

Quatorze sous-officiers, aujourd’hui retraités, sont accusés d’avoir violé de façon répétée ces femmes dans la région andine de Huancavelica (sud-est), une des plus pauvres du pays, lors de la période la plus sanglante des affrontements.

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« C’est une décision historique (…) Nous ne parlons pas de viols isolés, mais de viols systématiques sur des bases militaires, a rappelé l’avocat de six des victimes, Juan José Quispe. Nous attendons maintenant que le procès se tienne dans les deux ans et que les responsables soient condamnés. »

« Droit à la vérité des victimes »

« Plusieurs des femmes sont tombées enceintes », avait fait savoir le parquet dans un communiqué mi-mars. L’avocate Cynthian Silva, de l’ONG Demus, a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) que cinq paysannes avaient connu une grossesse et étaient « restées marquées car elles étaient très jeunes au moment des faits ».

Sur Twitter, le ministère de la femme et des populations vulnérables s’est félicité que prévale le « droit à la vérité des victimes ». L’affaire avait été présentée en 2003 devant la Commission vérité et réconciliation (CVR), qui a enquêté quatre ans. Pour le parquet, le nombre de victimes pourrait être plus important, mais certaines femmes ont peur de parler.

Selon la CVR, pendant les deux décennies de conflit au Pérou entre 1980 et 2000, des centaines de cas de viols, humiliations sexuelles, prostitution forcée, esclavage sexuel et avortements contraints ont été recensés. La Commission a notamment reçu 538 témoignages d’abus sexuels, de 527 femmes et 11 hommes. Mais seulement ces neuf plaintes vont pour l’heure déboucher sur un procès.

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Le Registre des victimes du Conseil des réparations du ministère de la justice a, pour sa part, recensé 4 567 viols pendant les années de violence armée et 1 500 cas d’autres formes de violences sexuelles. Le conflit intérieur au Pérou a fait plus de 69 000 morts et disparus, selon la CVR, avec des abus dans les deux camps.



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