NICE: Disparu depuis plus an, Gérard est toujours recherché par ses enfants

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Xavier, Romain et Jauffrey Bastiani, depuis 3 mars 2018, battent le pavé à la recherche de leur père. Les trois frères ont tenté tout ce qui était humainement possible pour retrouver sa trace. En vain.

La mobilisation exemplaire de sa famille avait suscité un vaste élan solidaire. Mais rien n’y a fait. Nul ne sait ce qu’est devenu ce sexagénaire, atteint d’Alzheimer, le 27 février 2018.

La montagne, les pistes enneigées et un grand bol d’air. Un plaisir simple, en couple, pour se ressourcer et “s’aérer la tête”. C’est ainsi que Romain Bastiani, 28 ans, a choisi de passer le cap du 27 février, date devenue funeste pour lui et ses proches. Mise à distance salutaire, un an après la disparition de son père.

Nice, le 27 février 2018. Ce matin-là, vers 10 heures, Gérard Bastiani, 64 ans, quitte le domicile maternel, avenue Désambrois. Cet artisan en peinture-rénovation niçois vit chez sa mère, au pied de la colline de Cimiez, depuis que la maladie d’Alzheimer ronge sa mémoire. Une voisine et le garagiste le voient passer. Ce sont les derniers témoins à l’avoir vu.

La route de Gérard Bastiani s’est perdue dans les rues de la capitale azuréenne. En plein centre-ville. Sans trace. Ni explication. Malgré tous les efforts de ses proches pour le retrouver.

TROIS FRÈRES SOUDÉS

Bien que souffrant, ce sexagénaire conserve alors une excellente forme physique. Il reste bon marcheur, affectionne les balades en bord de mer et a l’habitude d’emprunter chaque matin les voies les plus passantes de Nice, de l’avenue Jean-Médecin à la promenade des Anglais.

“Comment une personne peut-elle disparaître en pleine ville, du jour au lendemain, en 2018?”

Un an plus tard, Romain et ses frères se posent encore la question.

Xavier et Jauffrey Bastiani, eux, n’ont pas pu prendre de vacances cette semaine. Mais les trois frères restent soudés comme jamais. “On a prévu de se voir tous les trois ce week-end, d’aller se balader en bord de mer, pour parler… de la date”, confie Romain Bastiani.

VAGUE DE SOLIDARITÉ

Ensemble, ces trois frères ont déployé une énergie qui force le respect. “Au moins, on se dit qu’on a fait tout ce qu’on a pu…” Soutenus par leurs proches – leur grand-mère au premier chef -, les fils Bastiani avaient ratissé la ville, voire les Alpes-Maritimes.

Collé des affiches et distribué des flyers, du Var à l’Italie. Battu la campagne dans les médias et sur les réseaux sociaux – la vidéo diffusée sur Nicematin.com avait suscité 500.000 vues et 25.000 partages. En vain. Malgré leur ténacité, aucun signalement n’est venu leur offrir le moindre espoir.

“On n’est plus du tout dans le même état d’esprit, admet Romain. On n’attend plus grand-chose. On sait que si, par bonheur, on a le moindre retour sur ce qui s’est passé, ce sera forcément négatif… Au bout d’un an, les espoirs de le retrouver sont faibles. Quant à le retrouver en vie, on n’y croit plus.”

AVANCER MALGRÉ TOUT

Depuis, les scénarios ont cessé de hanter leurs nuits. Stop. Chez les Bastiani, chacun “s’est fait (sa) théorie”.

Les frères “pensent qu’il y a eu un accident en lien avec la mer, qui était très agitée. Ma grand-mère, elle, était restée sur l’idée d’une altercation avec un SDF qui aurait mal tourné”, témoigne Romain Bastiani. Une piste ténue, née d’un témoignage qui ne sera jamais étayé.

“À un moment donné, pour avancer, on a besoin de réponses”, pose le fils cadet. Malgré leur douleur, malgré leur incompréhension, malgré tout leur amour pour ce père parti sans prévenir, les frères Bastiani ont repris le cours de leur vie. “L’espoir s’est amenuisé très rapidement. On savait bien qu’étant à un stade avancé de la maladie, il ne pouvait pas rester seul plus de vingt-quatre ou quarante-huit heures…”

GRATITUDE GÉNÉRALE

Depuis, Romain, Xavier et Jauffrey s’attachent à passer davantage de temps auprès de leur grand-mère paternelle, âgée de 85 ans. Ils étaient à ses côtés pour les fêtes.

“Elle s’est retrouvée seule du jour au lendemain. Heureusement, elle a un caractère solide. Voir partir ses enfants avant soi, c’est l’une des pires choses dans la vie. Surtout sans savoir ce qu’il s’est passé…”

Romain et ses frères regrettent de ne plus avoir eu de nouvelle de la police. Ils le savent, d’autres vivent des drames similaires. S’ils doivent retenir un point positif, malgré tout, c’est cet “élan de solidarité indéniable, qui nous a beaucoup touchés. Surtout dans une période où on en manque ! Merci à tous ceux qui nous ont aidés d’avoir fait le maximum.”

Toute personne pouvant aider à le retrouver est privée de contacter la police au 04.92.17.22.22. Elle peut aussi contacter les fils Bastiani au 06.25.45.95.60, 06.60.37.90.96 ou 06.18.53.17.02.




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