A Montréal, Art souterrain tente de démêler le vrai du faux

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Le festival d’art contemporain se penche sur les « mécanismes de la désinformation » et les « facettes de l’imposture ».

Par Anne Pélouas Publié aujourd’hui à 18h36, mis à jour à 18h36

Temps de Lecture 4 min.

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Le SOS de Martin Le Chevallier dans le hall monumental de l’austère complexe Guy-Favreau à Montréal.
Le SOS de Martin Le Chevallier dans le hall monumental de l’austère complexe Guy-Favreau à Montréal. MARTIN LE CHEVALLIER

La frontière entre le vrai et le faux, en art comme dans la vie en général, n’est pas toujours facile à tracer. Parfois, ce qui semble vrai est faux et inversement ! C’est à ce jeu de l’authenticité que convie le festival Art souterrain, organisé à Montréal jusqu’au 24 mars. Placé sous la thématique « Le vrai du faux », la onzième édition de cet événement d’art contemporain accueille une soixantaine d’artistes visuels, dont quatorze Français.

L’essentiel du festival se déroule sous terre, sur les six ­kilomètres que compte le réseau piétonnier souterrain du centre-ville

Le thème s’est imposé à Frédéric Loury, fondateur et directeur ­général du festival, en ces temps de bouleversement des modes d’accès à l’information qui posent un défi majeur : comment distinguer ce qui est vrai ou non ? Avec l’aide de trois commissaires invités, dont le Français Martin Le Chevallier, les artistes mettent en lumière, souligne Frédéric Loury, « les mécanismes de la désinformation, les facettes de l’imposture, la complexité des croyances au sein de notre société hyper médiatisée ».

L’essentiel du festival, dont la mission première est de rendre l’art contemporain accessible au grand public gratuitement, se déroule sous terre, sur les six ­kilomètres que compte le réseau piétonnier souterrain du centre-ville de Montréal, même si plusieurs autres lieux (cinéma, université, maisons de la culture…) ont leurs propres « parcours ». Dans les couloirs du métro et au rez-de-chaussée des immeubles à bureaux où ils mènent, un drôle de manège se joue entre œuvres et passants, avec l’objectif de « les exposer à une expérience », ­précise Frédéric Loury.

« Intervention perturbatrice »

Dans le hall monumental de l’austère complexe Guy-Favreau, immeuble abritant notamment le service des passeports canadiens, des œuvres questionnent notre rapport à la représentation et à l’authenticité. Inscrit sur une porte, le mot « Réalité » suggère que le réel est plutôt derrière la porte que devant, dans cet espace public qui semble pourtant ancré dans la réalité. Martin Le Chevallier est le créateur de cette « intervention perturbatrice », comme il l’est d’une autre œuvre déroutante faite de poteaux de sécurité à sangle dont les rubans tracent les lettres SOS quand on les regarde de haut. C’est « un appel au secours, une bouteille à la mer qui sera remarquée ou non par les passants », note l’artiste-commissaire. « Ses œuvres, volontiers politiques, racontent notre époque avec distance et humour », estime Frédéric Loury, ajoutant que « le plus drôle, c’est que celle-ci a été placée sans le savoir près de l’entrée d’un centre de détention provisoire pour demandeurs d’asile » !



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