Kaboul espère la paix, mais craint les talibans

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Les habitants de la capitale afghane redoutent qu’un retrait américain ne mène au retour de l’intégrisme. Reportage.

Par Ghazal Golshiri Publié aujourd’hui à 11h39

Temps de Lecture 5 min.

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Kaboul est moins nerveuse. Parce que la neige en cette fin d’hiver la contraint à fonctionner au ralenti, mais surtout du fait des négociations qui ont été engagées aricain Zalmay Khalilzad disait être parvenu à une « ébauche d’accord » avec le principal mouvu Qatar entre les Etats-Unis et les talibans.

L’envoyé américain en Afghanistan Zalmay Khalilzad, le 18 février 2019, à Washington.
L’envoyé américain en Afghanistan Zalmay Khalilzad, le 18 février 2019, à Washington. Jacquelyn Martin / AP

Fin janvier, l’envoyé améement insurgé du pays. Les talibans s’engageraient à interdire le territoire à tout mouvement terroriste ; les Américains, eux, retireraient à terme leurs troupes, comme le souhaite si ardemment leur président.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le président afghan tenu à l’écart des négociations sur l’avenir de son pays

« Depuis le début des négociations, il y a moins d’attaques et les deux sont liés, estime Nouragha Azizi, serveur de 23 ans au café de la librairie Shahr-e Ketab (« la ville du livre », en dari), fréquenté par la jeunesse éclairée dans le quartier de Karte Se. Si les talibans veulent la paix, elle pourra s’installer dans le pays. Ils sont aussi mes frères s’ils ne cherchent pas à provoquer de problèmes et de troubles. »

Un avis partagé dans ce café aux murs tapissés de portraits de grands écrivains et de célébrités du monde entier : Marguerite Duras, Elvis Presley ou encore Meryl Streep.

Des membres de la société civile afghane manifestent pour la célébration de la Saint-Valentin à Kaboul, le 14 février 2019.
Des membres de la société civile afghane manifestent pour la célébration de la Saint-Valentin à Kaboul, le 14 février 2019. WAKIL KOHSAR / AFP

Souvenirs sombres

Cet espoir se double d’une vive inquiétude : celle d’un retour au pouvoir des talibans et de leur vision ultraorthodoxe de la charia, la loi islamique. « J’ai toujours les souvenirs les plus sombres de l’époque des talibans », explique Roshan Ghaznavi, venue manger une soupe avec une amie au café.

Elle se rappelle cette période où sa grand-mère, 70 ans passés et souffrant de problèmes respiratoires, ne pouvait plus porter la burqa qui lui donnait la sensation d’étouffer. Un jour, la famille l’accompagne chez le médecin mais en passant par le bazar, les talibans leur barrent la route.

« Ils ont roué ma grand-mère de coups parce que son visage était visible, au point qu’elle s’est évanouie. Et moi, j’ai tant pleuré que j’en ai perdu ma voix pendant des jours. Je n’avais que 4 ans. »

Des épisodes traumatisants, ­Roshan Ghaznavi, aujourd’hui femme d’affaires, en a vécu tant ! Comme lorsque son père fut arrêté et fouetté pour s’être rasé la barbe. La peur d’être mariée de force à un taliban a également marqué sa ­jeunesse. A la suite de l’invasion américaine, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, Mme Ghaznavi avait été parmi les premières à intégrer l’école, après cinq ans d’interdiction pour les filles d’étudier sous le règne des talibans. « J’ai vu de mes propres yeux les injustices que ces combattants nous ont infligées », raconte-t-elle.



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