[Faits Divers] Les “femmes courages” prennent la parole

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Des mots pour soigner les maux. Hier, à l’occasion d’une soirée organisée au théâtre du Grand Marché, dix femmes victimes de violences conjugales ont lu leurs propres textes rédigés avec l’aide de la romancière Isabelle Kichenin pour dire stop à ce fléau qui se termine encore trop souvent par des drames.

Elles s’appellent Bernadette, Lina, Daniela, Sisi ou encore Jacinthe, et elles ont toutes en commun d’avoir vécu l’enfer avec l’homme qui partageait leur vie. Victimes de violences conjugales, ces femmes de tout âge ont trouvé la force de partir et de se reconstruire. Mais c’est un chemin qui est long et difficile. Encore plus lorsque des enfants se trouvent au milieu… Ces femmes et mères de famille ont heureusement pu compter sur des associations comme Afect, Femmes solidaires ou encore Femmes des Hauts, femmes d’Outre Mer.

C’est par le biais de ces acteurs engagés contre les violences faites aux femmes que deux groupes de dix femmes basés l’un à Saint-Benoit et l’autre au Tampon, ont intégré le programme d’écriture Plumes (Paroles libres, utiles, mots, émotions sereines) conçu et animé par la romancière et ex-journaliste Isabelle Kichenin, par ailleurs auteur de “Gourmande” qui traite des violences sexuelles et de l’inceste.

J’ai voulu aider ces femmes en faisant à appel à un outil que j’ai créé et qui m’a aidé après mon burn-out : le concept “d’écriture bienveillante” qui associe ateliers d’écriture, méditation de pleine conscience et bibliothérapie et que j’ai testé la première fois avec des détenus de la prison du Port, explique Isabelle Kichenin. Nadine Caroupanin, la déléguée régionale aux droits des femmes, a été très émue après avoir assisté à ces séances et m’a alors proposé d’organiser des ateliers de 3 heures par semaines, pendant deux mois, avec ces femmes“.

Sur les vingt femmes qui se sont portées volontaires pour ce projet, dix ont eu le courage de prendre la parole en public, sur les planches du théâtre du Grand Marché, hier, à Saint-Denis, à l’occasion d’une soirée artistique initialement prévue le 25 novembre dernier, -journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes-, mais finalement reportée à hier en raison du mouvement des Gilets jaunes.

 

Battue, étranglée, violée…

 

Daniela, 30 ans et mère de deux enfants, confie comment elle en est arrivée à quitter son compagnon, après une série de violences ayant abouti à la condamnation de son bourreau. “Ça commençait toujours par des gifles et puis l’apothéose, ça a été le couteau sous la gorge, puis l’étranglement jusqu’à ce que je m’évanouisse… Ç’en était trop, je suis partie et mes parents m’ont ramassé à la petite cuillère…

Les mots sont durs. Mais toutes confirment aller de l’avant depuis qu’elles ont couché leurs maux sur papier. Sisi, qui est d’origine africaine, explique à son tour avoir été victime de violences “verbales, physiques, administratives et sexuelles“.

Quand le père de mes enfants m’a foutu à la porte, les gendarmes n’ont pas daigné m’écouter. Ils m’ont envoyée bouler. Aujourd’hui, je veux défendre les femmes étrangères comme moi et qui n’arrivent pas à sortir de leur silence…“, lâche notre jeune interlocutrice, les larmes aux yeux.

Jacinthe invite, elle, aussi “les autres” à prendre la parole. “Il faut arrêter d’avoir peur“, répète celle qui a vu le véritable visage de sa moitié, une fois la bague passée au doigt. “Ces mots on été comme une thérapie pour nous. Ils ont permis de verbaliser notre souffrance“, confie-t-elle encore.

La soirée à laquelle participaient le préfet et des élus du chef-lieu s’est conclue par la représentation de la pièce “Quelque chose”, de la Compagnie Aziadé, qui aborde le délicat sujet des violences incestueuses, là encore.

 

H.A.



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