Un nouveau pont à Albion suscite controverse

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  • Vic Acheemootoo, un habitant d’Albion, demande de stopper le chantier pour établir un “contingency plan” en cas de grosses pluies pendant les travaux

Longtemps coincés pendant les inondations en raison du pont de la route principale, rendu impraticable à chaque grosse averse, les habitants d’Albion verront bientôt la lumière au bout du tunnel. Toutefois, certains habitants s’inquiètent de ce qui risque de se produire en cas d’inondation pendant la durée des travaux.

Les travaux entrepris depuis septembre dernier sur la route B78, à l’emplacement du pont, seront complétés le 30 avril et auront coûté Rs 14 millions. À ce jour, ils ont été complétés à 15%, selon le ministère des Infrastructures publiques. Un nouveau pont, d’une longueur de 11 mètres, sera construit. Les travaux comprennent la démolition du pont et la construction d’une nouvelle structure, incluant l’aménagement d’un “footpath”, mais également le “re-profiling” de l’Albion Branch Road, la B105, et ce sur une distance de 120 mètres. Une allée parallèle pour piétons(“footpath”) sera en outre installée sur une distance de 200 mètres. Un passage temporaire pour les piétons sera aménagé durant les deux mois de fermeture de la route. Notons également que le pont sera éclairé.

Des panneaux de signalisation et de déviation ont déjà été installés dans le village à l’approche du pont. Ainsi, pendant les prochaines semaines, les véhicules sur la B78 et la B105 (Albion Approach Road) se dirigeant vers la plage publique seront déviés sur la Pointe aux Caves Road. Les véhicules quittant la plage publique et se dirigeant vers Canot et Petite-Rivière seront, eux, déviés sur l’avenue Saint Géran et la Pointe aux Caves Road, et ce en vue de rejoindre la route principale (B78) plus loin.

Albion, certains accueillent la nouvelle avec soulagement. D’autres font en revanche ressortir que les déviations représenteront de nouvelles contraintes quotidiennes. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à critiquer le gouvernement pour « sa lenteur », à l’instar de Jean-Michel, qui habite le morcellement Raffray depuis plusieurs décennies : « Ce projet de construire un nouveau pont à Albion était nécessaire. D’ailleurs, il était prévu depuis longtemps. Mais rien n’avait été fait ! Les dernières grosses pluies ont littéralement noyé le pont. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ça a certainement forcé le gouvernement à réagir ! »

Vic Acheemootoo, qui a contacté la rédaction du Mauricien, attire pour sa part l’attention sur un autre problème qui pourrait intervenir pendant la durée des travaux. « Il y a seulement deux accès à Albion, soit à travers le pont de la route principale et par le deuxième pont, situé un peu plus loin, dans la région du phare. Le problème, c’est qu’en cas de grosses averses, les deux ponts sont inondés. La question est donc de savoir comment les habitants, en particulier ceux habitant les morcellements Raffray et Belle Vue, feront pour entrer et sortir d’Albion si les deux seuls accès sont envahis par les eaux ? » demande-t-il. Vic Acheemootoo affirme avoir déjà attiré l’attention des autorités à ce propos, notamment la Road Development Authority.

Sans succès cependant. Selon lui, « le pont principal, utilisé à 90% par des habitants, est plus haut que le deuxième », poursuivant : « Et là, le gouvernement entame des travaux sur le pont principal sans avoir même prévu un “contingency plan” en cas d’inondation pendant la durée des travaux. Comment allons-nous entrer ou sortir de la localité si nous avons des urgences ou des personnes malades pendant la durée des travaux avec deux ponts inondés ? Nous sommes inquiets et, en plus, nous sommes en pleine période de pluies. Ce qui se passe est grave. Les autorités doivent nous écouter ! »

Vic Acheemootoo demande donc aux autorités de stopper le chantier en cours et de mettre en œuvre au préalable un “contingency plan” avant de redémarrer les travaux pour le nouveau pont. Par ailleurs, il affirme qu’il existerait d’autres alternatives pour accéder à Albion. « On aurait dû convoquer un professionnel du “landscaping” pour voir la configuration de la région et envisager la possibilité de construire une autre route d’accès. »



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Le Mauricien