[Société] Le glyphosate, cet herbicide controversé dont La Réunion est la deuxième plus grande consommatrice de France

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Il s’était engagé à sortir du glyphosate en 2020. Mais Emmanuel Macron, fin janvier, est revenu sur sa décision, déclarant que le pays ne pourrait finalement pas se passer à 100% de ce désherbant dans ces délais. Une marche arrière qui est d’autant plus inquiétante que les plaintes se multiplient contre ce produit, dont La Réunion serait la deuxième plus grande consommatrice en France. 

51 887, c’est le nombre de kilos de glyphosate vendus à La Réunion en 2017. Un chiffre qui est certes encore minime par rapport aux 376 920 kilos vendus au département de l’Aube, 1er du classement national réalisé par l’association Générations Futures il y a quelques temps, mais qui ramené à la surface agricole utile, place notre département en haut du tableau des plus gros consommateurs de France. 

Publiée le 20 novembre, en plein mouvement des Gilets jaunes à La Réunion, l’étude était passée un peu inaperçue chez nous. Une étude accompagnée de la remise des “Glyph’Awards” dont le deuxième prix a été attribué… à La Réunion, pour son utilisation de 1,21kg de glyphosate par hectare de surface agricole utile, selon les calculs de Générations Futures. Juste derrière le Vaucluse (1,25kg/ha) et devant la Martinique (1,14kg/ha). A l’inverse, les trois départements les moins consommateurs seraient la Lozère (0,015 kg/ha), la Corse du Sud (0,025 kg/ha) et le Cantal (0,042 kg/ha). 

 

(image : Générations Futures)

 

Pour aboutir à cette ‘”estimation de la réalité des ventes de pesticides sur les territoires”, l’association s’est appuyée sur la base de données des ventes des distributeurs de produits phytosanitaires, publique depuis septembre, qui donne les quantités des différents produits commerciaux pesticides vendus dans chaque département de France. Les données compilées sont celles de 2017. 

Notons que tous pesticides confondus, La Réunion ne fait pas non plus partie des meilleurs élèves : elle se retrouve 12ème du classement, avec 4,92kg de substances pesticides (glyphosate, “2,4-D” ou acide 2,4-dichlorophénoxyacétique, et S-métolachlore) vendues par hectare de surface utile agricole. Cet usage important de pesticides par les départements d’outre-mer pourraient en partie s’expliquer par notre climat chaud et humide, favorisant les maladies. 

Mais qu’est-ce que le glyphosate exactement, et que lui reproche-t-on ? 

Ce désherbant non sélectif, commercialisé sous le nom de Roundup avant 2000, est depuis tombé dans le domaine public, et est fabriqué et commercialisé par un grand nombre de sociétés. Son action herbicide est non-sélective, c’est-à-dire qu’elle détruit totalement les mauvaises herbes ou autres végétaux qui empêchent le développement des plantes cultivées. Il s’agit de l’herbicide le plus utilisé dans le monde. 

Concernant ses effets sur la santé, des lanceurs d’alerte évoquent depuis plusieurs années les risques de cancers liés à l’exposition au glyphosate. La molécule est classée cancérigène probable par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 2015. Mais les études sont controversées et ne font pas l’unanimité. En novembre 2015, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estimait “improbable” qu’il présente un danger cancérogène pour l’homme, et l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) est allée dans le même sens en 2017. En revanche, la sécurité sociale des agriculteurs français, la MSA reconnaît la maladie de Parkinson et le lymphome non-hodgkidien comme deux maladies professionnelles liées à l’exposition prolongée et répétée aux pesticides, de manière générale, sans pour autant accuser nommément l’herbicide contesté. 

Le mois dernier, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume s’inquiétait en tout cas de la présence de glyphosate dans les urines des Français. Inquiets eux aussi, 45 citoyens viennent de porter plainte auprès du TGI de Toulouse hier, pour “mise en danger de la vie d’autrui”, contre “toute personne” impliquée dans la diffusion de ce produit. Ce mercredi, ils posaient sur les marches du palais de justice avec chacun une pancarte indiquant le taux de glyphosate retrouvé dans leurs urines. 1,39 microgramme par litre de sang pour l’un, 2,08 pour lui, 0,92 pour un autre, quels que soient leur âge ou leurs habitudes alimentaires… 

 

(photo : AFP/Eric CABANIS)

avec AFP 

 

Pour en savoir plus, le lien de l’enquête de Générations Futures : https://www.generations-futures.fr/actualites/exclusivite-cartes-pesticides-glyphawards/ 

 

 

 

 



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