[Faits Divers] 66 des 72 migrants Sri-Lankais rapatriés ce matin

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Sur les 72 candidats à l’entrée sur notre territoire, seuls six migrants ont été autorisés à déposer une demande d’asile qui sera étudiée prochainement. Les autres sont renvoyés dans leur pays dès aujourd’hui.

C’est au terme d’une nouvelle audience marathon, deux jours et trois magistrats mobilisés, que les derniers recours pour faire changer le sort des migrants ont été épuisés hier devant le tribunal administratif. Peu avant 19 heures ce mercredi, 66 des 72 migrants ont dû se résoudre à l’inévitable. Après une semaine en zone d’attente et de nombreuses péripéties procédurales, juridiques ou encore administratives, ils s’apprêtent à s’envoler tôt ce matin pour un réacheminement express dans leur pays.

Pour ce faire, un avion de la compagnie Air Seychelles doit être affrété spécialement au départ de Gillot aux aurores, avec Colombo comme destination directe. Placés sous escorte des membres de la police aux frontières et de la Compagnie départemental d’intervention, les 66 migrants qui se sont vus opposer une interdiction d’entrer sur le territoire français seront remis aux autorités sri-lankaise dans la journée. Un retour est prévu ce même jour, afin de permettre aux policiers mobilisés de rentrer chez eux le plus rapidement possible. Fin de l’épisode V des migrants sri-lankais.

 

Six demandes d’asile

 

“Personne n’a tort ou raison dans cette affaire”, concédait Me Yannick Mardénalom mardi soir, après avoir vu la cour d’appel confirmer le maintien en détention des 68 migrants (notre édition d’hier). Pour le juriste, toujours présent aux côtés des migrants hier près de la juridiction administrative, il s’agit avant tout de “savoir de quelle manière nous traitons les êtres humains qui se présentent à nos portes”. Restent donc ces 66 personnes, comme piégées entre deux feux. Qui reste et qui part? Il faut trancher. Mais comme le rappelait un magistrat de la cour d’appel en début de semaine, “hors de question de faire un traitement industriel des dossiers”. Du cas par cas, avec le temps nécessaire pour entendre chacun. 

Au terme des entretiens avec l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) la semaine dernière, 4 dépôt de demandes d’asile seront acceptées sur les 72. Ce n’est pas industriel, mais une tendance se dégage. Les avocats engagés auprès des migrants ne manqueront pas de pointer du doigt l’absence de conseil juridique personnalisé préalable à l’entretien. Des moyens rejetés en majorité par le tribunal administratif durant ces deux derniers jours alors que chaque cas à une nouvelle fois été abordé l’un après l’autre.  

À deux reprises seulement, la juridiction administrative a révisé la fin de non-recevoir du ministère de l’Intérieur sur avis de l’Ofpra. Un homme a pu, à son grand soulagement, accéder au sol français afin de déposer sa demande d’asile dès mardi.

 

Deux homosexuels renvoyés

 

Bis repetita hier en toute fin de journée. Un homme qui a expliqué avoir été spolié de son terrain par l’armée, a pu également accéder au sol français afin de demander l’asile. Des propos circonstanciés et datés ont assurément permis de peser dans la balance, alors que les représentants des autorités dénonçaient systématiquement des récits flous et invérifiables. Pour six d’entre eux, le doute a été levé. Pour les autres, la déception est bien visible. Le stress aura notamment fait abdiquer le mineur de 17 ans, déjà épuisé moralement ce lundi, et qui aura été brièvement hospitalisé ce mardi. 

Lors de la première arrivée massive de migrants en décembre dernier, 62 migrants avaient été libérés au terme d’un jugement qui avait mis en avant de sérieux problèmes de procédure (nos éditions précédentes). À nouveau attaquée cette-fois, la procédure a tenu bon. Mais c’est dans l’urgence, dans la précipitation, et toujours dans l’affrontement, que les autorités semblent trouver le protocole qui permet de gérer chaque nouvelle arrivée. 

Dans certaines histoires racontées spontanément à la barre du tribunal administratif ces deux derniers jours, de sombres affaires sont évoquées. Le cas par exemple de ce couple d’homosexuels, vivant un amour dans le plus grand secret pour éviter les persécutions. “Je n’ai pas osé en parler pendant l’entretien”, explique en substance l’homme à la barre. Et pour cause, il est justement poursuivi par la justice de son pays en raison de son orientation sexuelle. C’est sur conseil d’une avocate, que l’homme se confiera cette fois sans tabou sur la raison de son départ. Comme pour les autres, une fin de non-recevoir est prononcée. “Ce qui prévaut malheureusement, reste la déclaration faite durant le premier entretien”, explique un avocat. Entretien durant lesquels un avocat n’est pas obligatoire mais permet évidemment d’éviter ce genre de situation relativement inique. 

À la lumière de ce dernier épisode, il serait temps de faire taire la poudre pour assurer l’essentiel. Un accueil digne des personnes qui se présentent à nos portes. Un accueil dans les règles de l’art, qui n’est absolument pas synonyme d’accueil systématique mais de Droits de l’homme tout simplement. 

 

J.G.



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