[Société] La Réunion sous la menace de cyclones très intenses

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Des vents moyens à 270 km/h et des rafales à 360 km/h… Ce n’est pas de la science-fiction, nous sommes déjà concernés par de tels monstres qui ont évolué ces dernières années dans la zone Sud-Ouest de l’Océan indien. Il faut se préparer à de tel cataclysmes, tout en prévoyant l’adaptation de nos capacités à encaisser des cyclones aussi dévastateurs que celui de 1948…  La limite actuelle des normes anticycloniques dans le BTP ne va pas au-delà de vents soufflant à 220 km/h…

 

Dossier Philippe Le Claire – Remerciements à Olivier Bousquet et Dominique Mekies pour leur aide précieuse.

 

Tous les modèles climatiques prédisent une augmentation de la température de surface de la mer de 1 à 2° C, sur les Mascareignes et le Canal du Mozambique dans les 50 ans à venir. Le risque de croiser des cyclones de forte intensité va donc croissant. D’autant qu’une augmentation significative du nombre de cyclones très intenses, marqués par des vitesses de vent supérieures à 220 km/h, a été enregistrée des dernière années. D’où le programme international RenovRisk (Recherche Innovante et Integrée sur les risques naturels), consacré aux impacts météorologiques et océanographiques des cyclones, sur les territoires du Sud-Ouest de l’Océan Indien (jusqu’en 2050), dans lequel les scientifiques réunionnais sont en première ligne. Ce programme est financé par la Région Réunion, l’Europe, et l’Etat français dans le cadre des volets transfrontalier (composante Cyclones et Changement Climatique) et transnational (composante Cyclones et Précipitations) du programme INTERREG-V Océan-Indien 2014-2020.

Des vents moyens à 270 km/h et des rafales à 360 km/h… Face à ces perspectives, il importe de mieux appréhender les paramètres régissant la cyclogenèse et l’intensification de ces phénomènes, pour que les modèles de prévision météorologiques gagnent en précision.

Il faut aussi se préparer à gérer les sinistres provoqués par des météores à la puissance inédite, tant en matière d’aménagement, que de sécurité des biens et des personnes. Le récent exemple de l’ouragan Irma (du 30 août au 12 septembre 2017), qui a dévasté les Caraïbes, dont les îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, contraignant la Floride à évacuer six millions d’habitants est particulièrement significatif…

 

 

La dernière saison cyclonique nous a réservé de mauvaises surprises

 

La trajectoire des cyclones est synonyme de fatalité élémentaire. Et si aujourd’hui ces météores sont pistés depuis l’espace, par des satellites géostationnaires dans le cadre de la Veille Météorologique Mondiale, à 36 000 km d’altitude et au sol encore, par des stations météorologiques automatiques et divers types de radars spécialisés, l’étude du cycle de vie des cyclones demeure sujet d’étude et de recherche, du fait de l’infinie complexité des paramètres, interactifs, dynamiques et thermodynamiques mis en jeu…

Or quand les cyclones nous jouent des tours, ils peuvent s’avérer extrêmement désagréables. La dernière saison cyclonique nous a réservé de mauvaises surprises avec Berguitta en janvier, accompagné de trombes d’eau sur le Sud ; puis Fakir, qui a touché La Réunion fin avril au bout d’une trajectoire peu ordinaire en provenance du Nord-Ouest… La météorologie est une science “inexacte”, qui tend à l’être de moins en moins, du fait de capacités de calcul croissantes et d’outils d’observation de plus en plus nombreux et pointus. Elle met aussi en évidence des évolutions pour le moins inquiétantes. L’intensité des cyclones tend à s’accroître et les Mascareignes seront probablement bientôt confrontées à des phénomènes d’une violence inédite.



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