Royal Park: Sobrinho entraîne la chute de la société de Bernard Maigrot

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L’homme d’affaires Bernard Maigrot est un des directeurs de la société.

Le cabinet d’experts Ernst and Young (EY) procède à un état des lieux financier de la société Royal Park Balaclava. C’est ce que nous a confirmé, lundi 11 février, Gérald Lincoln, Managing Partner d’EY. La prochaine étape sera de lancer un appel d’offres en vue de trouver un repreneur qui, éventuellement, fera redécoller les activités de la société.

Celle-ci a déposé le bilan après près de quatre ans d’activité. «Il ne s’agit pas d’une liquidation pour l’heure», fait ressortir Gérald Lincoln, mais d’un placement en redressement judiciaire.

Confrontée à de graves difficultés financières, Royal Park, dont les partenaires sont notamment l’homme d’affaires Bernard Maigrot, André Bonieux et Mushtaq Osman (deux anciens de PricewaterhouseCoopers), est placée sous la responsabilité d’un Receiver Manager. Ce dernier tentera un dernier sauvetage en essayant de poursuivre les opérations de l’entreprise, le maintien des emplois et l’acquittement de ses dettes.

Coup d’arrêt

En attendant le rapport de l’administrateur judiciaire, Royal Park, qui était à la une de l’actualité en raison des investissements de l’homme d’affaires angolais Álvaro Sobrinho, a cessé la vente des terrains et la construction de villas. Coup d’arrêt donc pour Bernard Maigrot qui ambitionnait de développer un projet immobilier de 131 villas de luxe, à Balaclava, sur une superficie de 90 hectares.

Le milliardaire angolais avait acquis sa villa au coût de Rs 52 millions et projetait d’en acheter 59 autres pour Rs 1,6 milliard. Une promesse d’achat qui ne s’est pas concrétisée en raison des polémiques entourant ses activités. Du coup, Royal Park s’est retrouvée lourdement endettée, poussant la société à licencier environ 150 employés.

Les résultats n’ont pas été au rendez-vous, malgré les tentatives, l’année dernière, de revoir la communication et le marketing autour de la vente de ces villas. Tout laisse croire que l’endettement massif de la société est lié, dans une grande mesure, à l’incapacité de l’homme d’affaires angolais Álvaro Sobrinho de transférer des fonds dans les banques commerciales pour financer l’achat d’une vingtaine de villas dans ce complexe. Ce qui, selon certains spécialistes, aurait soulagé financièrement la trésorerie de la société et évité la mise sous administration judiciaire de ce complexe d’appartements et de villas de luxe. Même les connexions politiques prêtées à Bernard Maigrot n’auraient pas aidé à mettre à l’abri la société.

Traitement princier à Maurice

Depuis que les transactions foncières d’Álvaro Sobrinho ont été dévoilées, l’opposition n’a pas raté une occasion à faire ressortir les relations entre l’Angolais, Bernard Maigrot et son avocat dans l’affaire Vanessa Lagesse, soit le no.2 du gouvernement, Ivan Collendavelloo. Le 4 avril 2017, une Private Notice Question très animée à l’Assemblée nationale avait opposé Xavier-Luc Duval et le Premier ministre, Pravind Jugnauth, sur cette affaire.

Le leader de l’opposition, réclamant une commission d’enquête, avait soutenu : «The Prime Minister should be aware that the same Mr Sobrinho is purchasing 131 villas and apartments at Royal Park. I can tell you also which senior member of Government accompanied Mr Sobrinho.» Sans mentionner le nom de ce membre du gouvernement, Xavier-Luc Duval avait allégué que le milliardaire angolais avait reçu un traitement princier à Maurice.

Le député du MMM, Reza Uteem, s’est, lui, demandé comment se fait-il qu’une licence est octroyée à Álvaro Sobrinho à travers Vango Property pour des investissements fonciers. Alors que le rapport Kroll, commandé par le Board of Investment (BoI), évoquant les multiples enquêtes contre lui, avait précisé que le milliardaire ne jouissait pas d’une bonne réputation dans les milieux financiers.

L’ex-banquier controversé bénéficiera tout de même de cette autorisation, malgré l’avis défavorable d’un Senior Counsel et la démission de René Leclézio, membre du conseil du BoI. Il a aussi été question de cette réunion au BoI, organisée à l’initiative d’un Senior Minister pour approuver l’acquisition de 59 villas sous prétexte que le pays avait besoin de ces investissements directs étrangers. Aucune suite n’a pourtant été donnée à l’affaire Sobrinho, qui a fait l’objet d’une enquête de l’Independent Commission against Corruption.

Dans les milieux bien informés, l’on souhaiterait savoir qui est ce conseiller au Bureau du Premier ministre qui a des relations privilégiées avec Bernard Maigrot, du temps où il était à la recherche d’investissements pour démarrer son projet de villas de luxe. Pour Xavier-Luc Duval, la réputation de Maurice est une nouvelle fois entachée car ces villas ont été vendues à des étrangers. «Si aujourd’hui on est en train de parler de montage financier suspect, il faut savoir quel a été le rôle du board de Royal Park, composé de plusieurs auditeurs.» Le leader de l’opposition envisage de revenir à la charge à la rentrée parlementaire.

Les options pour recouvrer les centaines de millions de la MCB

Depuis sa nomination comme administrateur judiciaire de la société Royal Park Balaclava, Gérald Lincoln étudie toutes les options pour aider le principal créancier, le groupe MCB, à recouvrer les centaines de millions de roupies injectées dans cet imposant projet immobilier depuis son lancement, en 2008.

À première vue, Gérald Lincoln ne devrait pas éprouver de grosses difficultés à réunir le montant financier que personne ne souhaite divulguer. L’on sait qu’une des options privilégiées est de vendre les 60 arpents de terre non développés ainsi que 20 autres qui ont été déjà viabilisés. De plus, il y a deux baux sur la plage, dont un sur lequel un «Beach Club» a été construit à Mont-Choisy, alors que le deuxième est situé sur la plage du Royal Palm. Ce deuxième «Beach Club» n’a pas encore été constitué. Quant aux villas vendues, à ce jour, 90 d’entre elles ont été déjà livrées.




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Lexpress

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